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Afrique - Razzia des pays riches sur les terres cultivables

En quête de réserves agricoles depuis la crise alimentaire, certains pays occidentaux tentent de mettre la main sur des millions d’hectares au détriment des agriculteurs et des populations locales

mardi 25 novembre 2008 | par TM

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les pays riches achèteraient d’immenses terrains dans toute l’Afrique subsaharienne afin d’y créer des exploitations agricoles destinées soit à l’alimentation, soit à la production de biocarburants. Au dire de Jacques Diouf, directeur général de la FAO, un certain nombre d’Etats et d’entreprises occidentaux mettraient la main sur des millions d’hectares de terres agricoles dans les pays en développement, leur but étant d’assurer leurs approvisionnements alimentaires à long terme. M. Diouf fait valoir que la multiplication de ces transactions pourrait entraîner une forme de néocolonialisme, des Etats pauvres produisant de la nourriture pour les pays riches aux dépens de leur propre population affamée.

Le quotidien britannique The Guardian affirme que la flambée des prix alimentaires à l’échelle mondiale a d’ores et déjà déclenché une deuxième "ruée vers l’Afrique". Pour renforcer la sécurité alimentaire de la Corée du Sud, le groupe Daewoo vient d’obtenir le droit d’exploiter 1,3 million d’hectares de terres à Madagascar. La société sud-coréenne veut y cultiver 5 millions de tonnes de maïs par d’an d’ici à 2023 et produire de l’huile de palme à partir d’une autre concession de 120 000 hectares, en faisant appel à une main-d’œuvre principalement sud-africaine. La production serait destinée avant tout à la Corée du Sud. Il s’agit d’un investissement sans précédent dans les terres arables en Afrique depuis la hausse des prix alimentaires, et on peut légitimement se demander quel sera le sort des petits agriculteurs locaux qui exploitent ses terres, souvent depuis des générations, mais sans titre de propriété formel.

Le groupe se défend des accusations de néo-colonialisme proférées par la presse occidentale en rappelant que : " qu’il s’agit la plupart du temps de terres non défrichées. De plus, des emplois vont être créés et 30 % des bénéfices iront au gouvernement local. […] Les Anglais disposent à Madagascar d’une immense ferme produisant de l’huile de jatropha destinée à la fabrication de biocarburant. Sont-ils bien placés pour accuser de "néocolonialisme" la Corée du Sud, pays importateur de céréales, qui veut simplement garantir la subsistance de sa population ?". La presse sud-coréenne soutien par ailleurs que : "envisage d’investir à Madagascar quelque 6 milliards de dollars sur vingt ans, ce qui est énorme, comparé à l’aide du FMI dont bénéficie le pays, soit 0,9 milliard de dolars."

Le gouvernement malgache lui a bien accueillit cette arrivée de fond en pleine récession économique et d’autres pays, comme le Soudant et la Tanzanie, sont à la recherche d’acquéreurs pour les terres. Si des achats massifs de l’ampleur de celui de Madagascar devaient se multiplier en Afrique, un question s’imposeraient aux gouvernements concernés : quelles garanties pour les populations locales, si leurs espaces de vie sont ainsi commercialisés sans alternatives de reclassement.

Pour en savoir plus, lire notre article : Contradictions du marché des biens consommables. Terres arables, terres arabes en Afrique Subsaharienne

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