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Antigua & Barbuda

Antigua & Barbuda. 73 000 Afrodescendants au coeur des petites Antilles

dimanche 2 mars 2008 | par Tshibwabwa Mua Bay

Afrodescendants : 96% de Noirs Capitale : Saint John’s Population : 73 360 habitants (2004) Groupes minoritaires : 3,2 % de Métis, 1,7 % de Blancs, 0,3 % d’Indopakistanais Langue majoritaire : créole anglais Système politique : régime parlementaire Superficie : 102 Km² Monnaie : Dollar de la Caraïbe orientale (XCD)

Antigua-et-Barbuda est un État insulaire des Petites Antilles, situé au nord de la Guadeloupe, au sud de Saint-Barthélemy, à l’est de Montserrat et Saint-Christophe-et-Niévès. Le pays est composé de trois des îles Sous-le-Vent : Antigua au sud, Barbuda au nord et Redonda, un îlot rocailleux et inhabité, au sud-ouest. Cet État s’étend sur une superficie de 443 Km², ce qui signifie 280 Km² pour Antigua, 161 Km² pour Barbuda et 1,6 Km² pour Redonda.

Au point de vue administratif, Antigua-et-Barbuda compte six municipalités (des « paroisses » sur Antigua (Saint George, Saint John, Saint Mary, Saint Paul, Saint Peter, Saint Philip) et deux dépendances (Barbuda et Redonda). Saint John’s, capitale et port principal, est située sur la côte nord-ouest d’Antigua. Le chef-lieu de Barbuda est Codrington. Outre Saint John’s, les principales villes sont Codrington, Old Road, Urlins, Bolands et All Saints.

Antigua-et-Barbuda est une monarchie constitutionnelle avec un parlement de style britannique. Cette ancienne colonie britannique est devenu un État indépendant en novembre 1981 dans le cadre du Commonwealth. Elle adhéra le 18 juin 1981 à l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO).

L’archipel compte une population d’environ 70 000 habitants. La quasi-totalité des habitants est d’origine africaine (env. 96 %), les autres sont des Blancs, des Arabes (Libanais et Syriens), des Mulâtres et des Indo-Pakistanais. Les Antiguais forment 97,9 % de la population, contre 2,1 % pour les Barbudais. Près de 60 % des Antiguais habitent Saint John’s, la capitale, les autres habitant Saint Paul (10,3 %), Saint Mary (8,9 %), Saint George (7,6 %), Saint Peter (6 %), etc.

Du côté des langues, on distingue le créole anglais antiguais, le créole anglais barbudais, le créole anglais de Montserrat et l’anglais lui-même. Parmi les religions chrétiennes, l’Église anglicane est celle qui prédomine sur les îles. On trouve également des catholiques, des moraves, des méthodistes et des adventistes. Bien que le christianisme soit encore la religion dominante, sa version caraïbe est très nettement africaine. De plus, beaucoup d’habitants de ces îles pratiquent encore la magie et le mysticisme, qui sont tous deux regroupés sous le terme de obeah.

Le tourisme représente plus de la moitié du PIB national. La production agricole est pour l’essentiel réalisée dans les deux îles principales. Elle est principalement destinée au marché intérieur. Le manque d’eau et de main-d’œuvre — qui préfère travailler dans le tourisme et la construction, car les salaires sont plus élevés dans ces deux secteurs — limitent le développement de l’agriculture.

Les premiers habitants des îles Antigua et Barbuda, comme dans toutes les îles Sous-le-Vent, furent les Amérindiens Siboney qui y vivaient il y a environ 2500 ans. Plus tard, les Siboney durent affronter les Arawak à partir du 1er siècle de notre ère, puis ils disparurent progressivement. Ce n’est que vers le 13ième siècle que les Arawak durent à leur tour fuir les Caraïbe. Aucun des deux peuples amérindiens d’origine n’a survécu jusqu’à nos jours.

En 1493, Les Espagnols aperçurent l’île mais ne la colonisèrent pas en raison de la présence des Caraïbe qu’ils craignaient. Des colons anglais s’installèrent sur Antigua en 1623, puis sur Barbuda en 1661. A partir de 1674, les colons firent déporter des esclaves de la côte ouest de l’Afrique. Ces esclaves et leurs descendants développèrent leur propre langue : le Créole antiguais. Plus tard, certains Noirs s’établirent à Barbuda et importèrent ce créole qui se particularisa sur l’île.

L’esclavage sur cette île fut particulière effroyable et toute rébellion violemment réprimée. Vers la fin du XVIIIe siècle, l’Europe commença à s’opposer à l’esclavage à la suite des récits des outrages perpétrés dans le Nouveau Monde. Les Britanniques cherchant également une solution rapide aux « intérêts des Antilles », car les bénéfices tirés du sucre déclinaient du fait d’une surexploitation du sol et d’une productivité réduite, finirent par l’abolir de l’ensemble de leurs colonies en 1834. Certains esclaves continuèrent à travailler dans les plantations en tant que salariés, tandis que d’autres luttaient pour implanter des petites fermes de subsistance.

Les anciens esclaves demeurèrent encore dépendants de leurs anciens maîtres au plan économique, car les terres arables manquaient et l’accès au crédit demeurait très difficile. Les Noirs poursuivirent leur vie de misère encore longtemps, puisque la plantocratie coloniale blanche se perpétuait. Dans les années trente, la majorité des ouvriers agricoles qui travaillaient dans l’industrie sucrière à Antigua, gagnaient encore moins que leurs prédécesseurs au moment de l’abolition de l’esclavage, un siècle plus tôt. Ce ne fut qu’en 1939 qu’une commission royale d’enquête demanda la création d’un syndicat pour les travailleurs. Peu de temps après, un syndicat fut créé grâce à Vere Cornwall Bird, un ancien officier de l’Armée du Salut, né dans un bidonville de St-Johns en 1910 : ce fut l’avènement de l’ATLU (Antigua Trades and Labour Union). Vere Bird sortit vainqueur d’une lutte interne pour le contrôle du syndicat dont il devint président en 1944.

Les propriétaires britanniques, qui possédaient plus des trois quarts de toutes les terres d’Antigua, regroupèrent leurs exploitations en une seule société afin de mieux résister à la pression du syndicat, mais cela n’empêcha nullement l’ATLU de l’emporter sur les planteurs et « Papa », comme les sympathisants appelaient Bird, entra dès la fin de la Seconde Guerre mondiale au « panthéon des syndicalistes » comme le leader qui avait su faire de l’union syndicale une force politique. Bird organisa des grèves pour obtenir de meilleurs salaires, puis fit campagne pour demander une réforme de la législation coloniale. En 1951, les autorités britanniques durent concéder l’élection de la représentation coloniale au suffrage universel. À la fin de l’année, l’ATLU occupait huit sièges sur 13 au Parlement, première étape vers l’élimination politique des planteurs.

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