Célèbres autant pour leur cosmogonie riche et complexe que pour leurs habitats qui tapissent les falaises de Bandiagara, les Dogons, peuple vivant principalement au Mali, mais également au Burkina Faso, sont également maîtres dans l’art plastique. Un art qui à l’image de la spiritualité et des mythologies qui rythment la vie des Dogon, est emprunt de sacré. Les masques, les statues et tous les objets de la vie courante sont autant de liens avec les ancêtres et les esprits. Dans le monde Dogon, comme dans la plupart des croyances Afrique, homme, animal, plante, objet, toute chose vit et concoure à la vie de toute chose. Peuple de cultivateurs, les Dogon rejouent et revivent Le mythe de création et celui des origines est rejoué lors des nombreuses cérémonies de fertilité et ainsi qu’au moment des funérailles.
Chez les Dogon, pour guider les morts vers le monde des ancêtres, il est indispensable d’exhiber jusqu’à 400 masques à l’occasion du rituel exécuté tous les 5 ans qui rend hommage aux morts. Il s’agit du Dama , qui dure 3 jours et qui permet aux âmes décédées dans les 4 années précédentes de rejoindre les ancêtres. Les masques alors utilisés à cette occasion se composent de formes géométriques. De part et d’autres du nez se situent deux fosses oculaires aménagées dans une longue dépression rectangulaire. Les côtés du masque peuvent être décorés de motifs triangulaires. Les masques sont également essentiels lors des cérémonies du Sigui qui ont lieu, tous les 60 ans. Elles se déroulent sur sept ans. Il s’agit d’un important rituel de régénération. Elles commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funérailles du premier ancêtre.
Les masques Dogons s’arrachent à prix d’or dans le monde entiers pour leur symbolique riche. Les Kanaga, sont les plus célèbres de ces masques, mais il existe également les Satimbé et les Dyomo, qui représentent chacun un animal primordial de la cosmogonie Dogon : l’oiseau, le crocodile, le lièvre et l’antilope.
Le masque Kanaga. Faits de bois, de pigments et de cuir, les masques Kanaga sont fabriqués dans l’ouest du pays Dogon. Le kanaga représente le chasseur, le guerrier. Ce type de masque appartient à la société awa et participe à des cérémonies pendant lesquelles un hommage est rendu aux morts ou lors de fêtes précédant des funérailles, appelés bagabundo . Le masque Kanaga se caractérise par une superstructure en forme de double croix dont les traverses portent de petites planches dirigées vers le haut ou vers le bas (ciel, terre) qui symbolisent le crocodile et ses pattes. Le montant central peut être surmonté de formes abstraites, de touffes de fibres rouge (couleur sacrée chez les Dogon), de figures zoomorphes (à l’image d’un animal) ou anthropomorphes (à l’image de l’homme).
Les masques qui représentent un oiseau sont les plus répandus, ont les nomme Kommolo tebu. Ils doivent leur origine à un chasseur légendaire qui, après avoir tué un oiseau de ce genre, prit modèle sur ce dernier pour confectionner le premier masque Kanaga. Les couleurs du masque (noir et blanc) s’inspirent de la couleur de l’oiseau. Les masques Kanaga servent à la danse lors des cérémonies. Très codifiées, les danses dogons expriment la formation du monde, l’organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. Les mouvements des danseurs sont censés rappeler les gestes du Dieu créateur Amma au moment de la création du monde. L’oiseau chez les Dogon est celui qui aurait amené la graine de l’arbre à palme, il est à l’origine de la vie végétales, à laquelle les Dogon doivent leur subsistance.
Les figures de bronze. Le bronze est également travaillé par les Dogon, soit pour représenter des figures de la noblesse ou de la royauté, soit pour confectionné des objets destinés à cette élite. Le cavalier de bronze est une figure récurrente, il représente les plus grands de la cour, l’élite, le chef ou le roi. Ces statuettes d’autel sont honorées et vénérées dans des sanctuaires. La statue qu’elle soit en bois, bronze ou fer reçoit des libations d’huile et de millet. Les petits objets en bronze, comme les boites contiennent des petits objets importants pour celui qui les possède ou des matières dites "nobles" telles que le tabac.
Les portes des greniers. Les greniers sont des petits silos alimentaires en terre montés sur pilotis auxquels on accède à l’aide d’une échelle. Ces garde-manger sont vitaux pour un peuple de cultivateurs tels que les Dogons. Ils peuvent renfermer des aliments séchés, fumés, des substances de fétiche, du karité, toutes sortes d’aliments ou de substances importantes à la subsistance du village. Les motifs des portes de greniers dogons disent également l’ordre du monde et de celui de la société. En haut de porte ci-dessus on aperçoit les Kanaga, sous lesquels on retrouve une tortue et un lézard qui sont des symboles d’eau. En dessous des animaux on peut voir un homme à cheval : c’est un chef ou un roi, comme l’indique la pipe qu’il tient à la main. On y voit aussi deux femmes en train de piler : ce sont certainement les épouses de cette personnalité à cheval. Sous la représentation de la chefferie, des personnages sont alignés, ce sont des guerriers. Sous ces guerriers on voit de simples hommes, qui constituent la "population ordinaire". Puis ce sont les femmes et les petites mains. En dessous de ces personnages représentés dans des scènes de la vie quotidienne apparaissent les masques de Walu, l’antilope. C’est toute la composition d’un village, la hiérarchie et le panthéon Dogon qui sont représentés sur cette porte.
La cosmogonie Dogon n’a certainement été effleurée à ce jour et recèle encore de nombreuse conceptions de la nature et du monde, qui ne sont pas de l’ordre de la parole, mais tout simplement de la croyance.