Caraïbe
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Cuba

L’Atlas des populations noires dans le monde nous mène sur la terre des Afrocubanos, descendants des Yoruba

jeudi 13 novembre 2008 | par Tshibwabwa Mua Bay

Afrodescendants : 11% de Noirs Capitale : La Havane Population : 11,3 millions habitants (2005) Autres groupes : 51% de Métis, 37 % de blancs, 10% de communautés immigrantes Langue majoritaire : espagnol Système politique : république socialiste Superficie : 114 525 Km² Monnaie : Peso cubain

La république de Cuba constitue un pays insulaire des Grandes Antilles, situé au sud des États-Unis (Floride) et à l’est du Mexique, à 77 Km à l’est d’Haïti et à 140 Km au nord de la Jamaïque. Cuba est entourée au nord par le détroit de Floride, à l’est par l’océan Atlantique, au sud-est par le passage du Vent, au sud par la mer des Caraïbe, à l’ouest par le détroit du Yucatán. Regroupant plusieurs petits archipels autour de l’île principale de Cuba, le pays totalise une superficie de 114 525 Km², sa capitale est La Havane.

En 2001, la population cubaine était estimée à 11,2 millions d’habitants. Du point de vue ethnique, environ 37 % des Cubains sont d’origine espagnole, 51 % sont des Métis ( d’origine européenne-africaine et européenne-amérindienne) et 11 % des Noirs appelés Afrocubanos et descendants des esclaves amenés dans l’île au XVIIe siècle. On compte aussi des Asiatiques (env. 1 %) qui proviennent de l’immigration chinoise de la seconde moitié du XIXe siècle. Il n’existe quasiment aucun descendant des autochtones (Siboney, Guanajuatabey, et Taïnos) qui habitaient l’île avant sa découverte par Christophe Colomb. Depuis la révolution de Fidel Castro en 1959, plus d’un million de Cubains ont émigré, principalement vers les États-Unis. L’espagnol est la langue officielle de Cuba et comme dans tous les pays d’Amérique latine, l’espagnol cubain comporte une part de vocabulaire d’origine africaine ou amérindienne.

Comme dans toutes les Caraïbe, les cultes introduits par les esclaves africains sont toujours vivaces. Il existe encore une « langue secrète », le lucumi, une langue originaire de la famille nigéro-congolaise qu’on appelle parfois à Cuba le Yoruba. La religion yoruba, plus connue à Cuba sous le nom de Santeria est basée sur un panthéon de dieux africains qui furent créés à l’image des hommes. Ce sont des rituels liturgiques accompagnés de chants, de musique et de danses. Le lucumi n’est pas une langue maternelle, mais uniquement une langue rituelle. Ce genre de phénomène s’est également déroulé en Haïti avec le vaudou et au Brésil avec le Candomblé.

La culture nationale cubaine est faite pour l’essentiel d’apports africains, héritage que nul à Cuba ne nie, toute classe sociale confondue. Ils sont perceptibles à travers la cuisine, la religion, mais surtout la musique en et la salsa en premier lieu. Les instruments africains utilisés pour créer ses sonorités et son rythme particulier ont été transmis à la fois par les peuples Yoruba du Nigeria ( les tambours batá, bembé, iyesá, les agbes ou güiros, aussi connu comme chékeres), par les esclaves venus du Dahomey et de Haïti ( tumbas francesas et tambours Arará) et enfin, les captifs venus Congo ( Makuta, Yuka et Marimbula).

La révolution cubaine de 1959 de a eu pour ambition d’éradiquer la discrimination raciale, qui comme au États Unis interdisait aux Noirs et aux Mulatos l’accès à certains lieux publiques ( plages, casinos, etc.). Bien que les textes de lois de 1976 proscrivent et punissent le racisme, l’emprunte de la période esclavagiste et sa hiérarchie des classes et des individus sont encore profondément ancrées dans les mentalités. Cela se ressent essentiellement sur le plan social, où malgré une politique éducative gratuite et éducative, les populations noires restent les moins alphabétisées, donc les moins qualifiés et les moins bien dotés en termes d’emploi.

La colonisation de Cuba commença en 1511. Le travail de recherche et d’exploitation des métaux précieux, comme l’or et le cuivre, débuta dès les premières années de la conquête espagnole. En moins de cinq ans, épuisée par le travail de forçats ou systématiquement massacrée, la population indigène diminua dramatiquement et se réduisit à quelques centaines d’individus. Les colons espagnols firent alors déporter des esclaves africains. Puis, les réserves d’or furent rapidement épuisées. C’est alors que l’Administration locale fut chargée de promouvoir de nouvelles activités économiques telles que le tabac, les plantes tinctoriales. La canne à sucre connut un essor considérable grâce à l’importation de nombreux esclaves africains. La plupart vinrent de la partie sud et sud-ouest de l’actuel Nigeria, ainsi que d’une partie du Bénin. L’île devint commercialement très active.

Après la guerre de Sept Ans, au cours de laquelle les Britanniques occupèrent provisoirement La Havane (1762-1763), le gouvernement espagnol encouragea plus encore l’expansion commerciale et le développement agricole, en particulier grâce à l’ouverture du port sur l’extérieur. La population connut alors une forte augmentation d’esclaves africains, et les produits cubains connurent, à partir de 1791, un formidable succès sur les marchés européens, après que la révolte haïtienne eut ruiné les plantations françaises de Saint-Domingue.

Dès le début du XIXe siècle, les différends entre les Espagnols et les Mulâtres s’exacerbèrent. Les autorités locales durent, en plus, faire face aux aspirations à l’indépendance de tous les peuples de l’Amérique espagnole. Dès 1795, un Noir libre du nom de Nicolás Morales dirigea un mouvement afin d’obtenir l’égalité raciale et l’abolition des mesures gouvernementales qui défavorisaient les pauvres. À partir de 1830, le gouvernement espagnol se fit de plus en plus répressif, ce qui suscita un vaste mouvement indépendantiste parmi les colons blancs.

En 1868, dans la sucrerie de La Demajagua, Carlos Manuel de Céspedes, un riche propriétaire cubain, annonça la libération de ses esclaves et appela ses compatriotes à se soulever contre les forces espagnoles. Puis, ce fut le début d’un long conflit — la guerre de Dix Ans — qui se termina avec le pacte du Zanjón (10 février 1878), lequel apporta d’importantes concessions aux insurgés. L’île de Cuba fut dotée d’une certaine autonomie, l’esclavage fut aboli en 1880 et l’égalité des droits entre les Blancs et les Noirs fut proclamée en 1893.

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