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Curaçao

Curaçao. 173 400 Afrodescendants au coeur des Antilles occidentales

vendredi 18 juillet 2008 | par Tshibwabwa Mua Bay

Afrodescendants : 85% de Noirs Capitale : Willemstad Population : 173 400 habitants (2006) Langue majoritaire : Papiamento Système politique : Territoire néerlandais d’Outre-mer Superficie : 444 Km² Monnaie : Florin des Antilles néerlandaises

Curaçao, située entre les îles d’Aruba et de Bonaire, au nord du Vénezuela, et forme avec elles les îles ABC. Curaçao est la plus grande île (444 km²) des Antilles néerlandaises, mais aussi la plus importante avec ses 173 400 habitants (76 % de la population des Antilles néerlandaises). Elle mesure 60 km de long, par 11 km de large, et son chef-lieu est Willemstad. cette ville est également la capitale des Antilles néerlandaises. À l’origine, plus de 40 nationalités peuplaient l’île, mais les habitants parlent très majoritairement le papiamento. Environ 85 % de la population est d’ascendance africaine, les autres ont des ancêtres Arawak, espagnols, anglais ou hollandais.

L’héritage africain est très présent dans la vie quotidienne des curaçaoans. Dans le papiamento, créole composé de langues africaines et de portugais. Dans la musique avec le Tambú  : aussi appelé « Blues de Curaçao », il fut créé par les premiers esclaves noirs qui, comme ceux des États-Unis d’Amérique, voulaient exprimer la violence de leur condition servile. Il se joue avec un tambu (tambour), un kachu (corne de vache), un agan (morceau de fer) et un chapi (houe). Les femmes peuvent parfois accompagner la musique et donner le rythme et tapant des mains. La danse s’effectue en couple et alterne séparation des corps et déhanchements. Dans le Seú  : c’est la danse traditionnelle effectuée dans les champs pour célébrer les récoltes et la moisson. Elle se décompose en wapa qui imitent les mouvements effectués lors des différentes étapes de la culture d’un champ. Aujourd’hui, c’est la danse favorite des 2 000 festivaliers qui défilent à Willemstad chaque Lundi de Pâques. Dans le Tumba  : c’est une des forme musicale les plus importante à Curaçao qui est une forme de merengue ayant subi des influences du jazz. C’est la musique la plus jouée lors du défilé du carnaval. Dans les chants des travailleurs : ils étaient chantés lors des travaux des esclaves. Il en existe plus de 1 500. Et enfin dans la musique contemporaine qui est influencée par le merengue, le calypso, le reggae, la salsa, le cha-cha-cha et qui est chantée en papiamento.

Les plats typiques de Curaçao sont le Yuana : viande d’iguane, également décliné en soupe (Sopi Yuana) ; le Kabritu : viande de chèvre ; le Keshi Yená : fromage fourré au poulet épicé ; des bonbons et sucreries : Sunchi (meringue), Panseiku (praline), Kokada (noix de coco rapée). Dans un recensement de 2001, 85% des curaçaoans se déclarent catholiques. Le protestantisme, le judaïsme, l’adventisme, le méthodisme, le vaudou et le santeria sont également bien implantés.

Avant l’arrivée des Espagnols l’île de Curaçao était habitée par des Arawak, également appelés Caiquetos, une communauté amérindienne venue depuis plusieurs siècles des côtes vénézuéliennes. Ces derniers furent massivement déplacés par les Espagnols pour travailler sur l’île d’Hispaniola et servir d’esclaves. L’île de Curaçao a été occupée pendant plus de 130 ans par les Espagnols, succédant ainsi aux Portugais avant d’être remplacés par les Hollandais. Ayant acquis par la force, entre 1637 et 1641, des postes de traite en Afrique de l’Ouest (Ghana, Angola et São Tomé), les Hollandais organisèrent leur propre réseau de traite négrière, associant l’Afrique aux Amériques. Curaçao devint la plaque tournante hollandaise des activités esclavagistes aux Antilles. L’île était bien située stratégiquement et équipée d’un port de mer naturel. De plus, les Hollandais construisirent plusieurs grands forts pour assurer leur protection. Tous ces facteurs firent de Curaçao un endroit idéal pour pratiquer le commerce des esclaves. On estime que Curaçao reçut entre 1640 et 1863, au moins un demi-million d’esclaves noirs.

L’île de Curaço reçut au cours des décennies un certain nombre d’immigrants blancs. Aux Noirs, s’ajoutèrent des Hollandais, mais aussi des Anglais, des Sud-Américains, des Français et des Juifs. C’est au milieu du XVIIe siècle que s’élabora à Curaçao le papiamento, le créole en usage encore aujourd’hui dans l’île et partout dans les Antilles néerlandaises. Les conflits entre l’Europe et les territoires de l’Amérique au XVIIIe siècle firent de Curaçao un endroit de prédilection et de refuge pour les pirates, les rebelles américains, les négociants espagnols et hollandais de la région. L’économie de Curaçao s’effondra après l’abolition de l’esclavage en 1863. Il fallut attendre 1919-1920 pour que l’économie prospère à nouveau sur l’île, avec l’arrivée de l’or noir. Grâce à la découverte du pétrole en provenance du Vénezuela, la Dutch-British Shell Oil Company décida de construire l’une des plus grandes raffineries du monde à Curaçao et à Aruba. De nombreux immigrants vinrent travailler sur l’île. Ils provenaient des Antilles néerlandaises, mais aussi des Antilles anglaises, des Antilles françaises, de l’Amérique du Sud et des États-Unis. Mentionnons particulièrement l’immigration des Saint-Martinois (hollandais et français) à Curaçao en raison du grand besoin de main-d’oeuvre dans les raffineries.

Après la Seconde Guerre mondiale, les insulaires de Curaçao et des autres îles néerlandaises commencèrent à exiger davantage d’autonomie. En 1954, les îles néerlandaises obtinrent une autonomie administrative sous le nom de « Antilles néerlandaises », puis de « Fédération néerlandaise d’outre-mer ». Willemstad devint la capitale politique des Antilles néerlandaises. À la fin des années 1960, Curaçao fut le théâtre de nombreuses luttes raciales et de troubles sociaux. En 1982, la raffinerie Shell ferma ses portes, ce qui augmenta considérablement le nombre de chômeurs. Depuis, la réouverture partielle de la raffinerie en 1991 (louée à une entreprise vénézuélienne, la Coastal Oil Company), le gouvernement local a tout mis en oeuvre pour favoriser l’industrie du tourisme et le placement bancaire. Mais l’essentiel de la population de Curaçao, vit actuellement de la pêche.

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- Les Bahamas. Îles de luxe, d’histoire et de cultures noires

- Republic of Trinidad and Tobago. La patrie d’Ato Boldon

- La République Dominicaine. la seconde plus grande île des Grandes Antilles après Cuba

- Sainte-Lucie. 160 000 d’Afrodescendants dans les Îles-du-Vent

- Aruba. Première des île ABC, Aruba, Bonaire et Curaçao

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