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« Djiguida », « Jigida » ou « Zigida » : les ceintures de perles africaines

« Djiguida », « Jigida » ou « Zigida » : les ceintures de perles comme indice de féminité dans les cultures africaines

dimanche 25 mai 2008 | par Kisanti B.

Le jigida constitue un ensemble de perles alignés le long d’un fil et porté à la taille par les femmes africaines. Aujourd’hui, l’offre étant plus importante on trouve des jigidas fait avec des perles de couleurs diverses, en plastique, en métal…On pourrait aussi y apparenter les chaînes (en or, argent, etc…) portées à la taille, mais la symbolique est beaucoup moins forte, pour ne pas dire inexistante.

Les perles constituent un objet d’hommage aux femmes africaines, qu’elles soient de l’ancienne ou de la nouvelle génération. Elles qui, témoignent de leur savoir-faire artistique et leur contribution à leur famille et à leur communauté. Le jigida était simplement constitué de perles rouges et noires. Avant d’utiliser les perles, les femmes utilisaient des tourteaux de noix qu’elles alignaient le long d’un fil et portaient ainsi à la taille.

Les perles représentent une parure de beauté pour beaucoup de femmes. Le port du jigida est un geste à la fois esthétique et culturel. Aujourd’hui le choix est vaste mais le jigida continue de représenter une attention particulière que la femme porte à son corps et aux objets qui vont la mettre en valeur. Il s’agit d’un geste de beauté, comme on prend soin de sa peau ou de ses cheveux.

Traditionnellement, les perles avaient une vertu curative. On s’en servait pour guérir les maux de reins (d’où le port aux hanches), la santé des personnes âgées ou encore les problèmes de courbatures liées à l’âge… Les perles représentent aussi la protection ancestrale et des dieux, la femme qui porte le jigida est protégée par ses ancêtres. Les perles sont appelées « Djé » en Fon, « Djonou » en Mina, ou encore « bin-bin » en Wolof, le jigida s’est exporté depuis l’Afrique occidentale au moins jusqu’en Afrique centrale ou l’on retrouve cette pratique.

Le port du jigida est sensé permettre à la femme de se tailler des formes et une silhouette avantageuse, et cette coutume semble toujours d’actualité car je lisais sur un blog, le post d’une fille qui disait qu’elle voulait des formes et qu’elle avait donc hâte d’avoir son jigida. Ainsi, dès le plus jeune âge les jeunes filles portent le jigida pour faire sortir leur rondeur en marquant leur taille, au cou pour avoir un long cou, au niveau des seins pour avoir une poitrine voluptueuse. Le jigida est un élément de mise en valeur et de détermination du féminin, il permet de différencier les deux sexes.

Il est aussi un atout de séduction. Lorsque j’ai demandé à mon oncle de me parler du jigida, ses premiers mots ont été : « C’est une parure de séduction extrême ». L’accès à cet objet est privé, puisqu’en principe seul la personne qui partage l’intimité de la femme a la possibilité de le voir. C’est un objet sensuel, érotique. Le jigida peut servir aussi de ceinture, porté pour maintenir de petits pagnes portés sous le boubou en guise de sous-vêtements, il est donc réservé à la sphère intime de la femme, par extension du couple.

Le jigida est réputé éveiller les sens de l’homme, peut être parce qu’avant les perles n’étaient pas surexposées, dans la mesure où elles étaient confinées à la chambre. Cet objet n’est pas visible, il est suggéré. Il fait parti du corps de la femme, dans la mesure où il n’est pas sensé être enlevé. Il souligne le corps de la femme, sa beauté et suggère ses courbes.

Dans la même série :

- Il est de toutes les parures et spiritualités « afrocentriques » : Le Cauri

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