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Génération Class’A…

Génération Class’A…La série télévisée abidjanaise Top class !

samedi 5 juillet 2008 | par Mbépongo aka Dédy Smith

Nous nous plaignons souvent d’être sous représentés (ou mal représentés) dans les médias Français. Que ce soit dans la pub, dans les films ou au théâtre nous vivons mal notre « transparence ».

Que faisons nous, Afro de France et de Navarre, pour y remédier ? Pas grand chose en réalité, alors que nous avons à porté de main tous les moyens nécessaires (technologie, éducation, connexion,…) pour assurer notre propre visibilité. Il existe bien quelques initiatives à encourager (bla bla bla) mais très peu aboutissent à un niveau satisfaisant (câble, TNT ou réseau hertzien).

En la matière, « Le bled » nous donne une bonne leçon de réalisme et de conviction avec l’excellent Class’A, série télévisée « made in Africa », dont l’intrigue se déroule à Baby (Abidjan pour les intimes) et qui raconte la vie mouvementée de jeunes lycéens dans le "moove". Diffusée sur 3 A télésud, produit par Nartika Production, Class’A est un franc succès… et ce n’est que le début. Exit les « Hélène et les garçons », les « Sauvés par le gong » ou les « Prince de Bel Air » de notre enfance, Class’A c’est la série qui nous parle et qui nous ressemble. Comme des milliers de téléspectateurs dans le monde entier (enfin ceux qui ont le câble), je suis devenu totalement « accro » de cette série.

Mais comment s’est passée ma rencontre avec Class’A ? Un samedi matin, alors que je zappais depuis mon lit entre MTV Base et LCI, j’arrive sur 3A Telesud et tombe par hasard sur une bande annonce. C’est Diane l’un des personnages de la série qui annonce le prochain épisode de Class’ A. Je dois avouer que votre humble serviteur a cédé l’espace d’un instant au réflexe de se dire : « c’est quoi encore ce faux truc de Blédien ? ». Deux Jours plus tard, nouvelle bande annonce. Cette fois-ci c’est Betty qui fait la pub, en finissant par le cultissime « Class A’, c’est Top class ».

Rendez-vous est pris ! Ça a l’air pas mal, mais il faut que j’en ai le cœur net. Je n’ai rien à perdre et au pire, ils vont me faire rire ces blédiens… C’est parti ! baptême du feu, je regarde mon premier épisode. Dès les premiers instants, je suis captivé par la mélodie du générique. Je me pince pour retrouver mes esprits… et continue la découverte de la série. Dans la rue, à l’école ou dans les maquis, c’est ambiance « boucan » à fond. Tout me parle… le look des personnages, leurs délires de jeun’s et surtout les expressions "made in Abidjan"… Holala, je commence même à m’y croire « Noon la série la peux me Dja, Class’A c’est doux déééé »..

Les acteurs ne sont pas des professionnels, donc le jeu n’est pas toujours très fluide, et le naturel reprend vite le dessus. Attention, pas de chokobi, c’est la vie Abidjanaise « live en direct » qui vient nous donner la chaleur pour nous « enjailler »… Mon ami Patson n’a qu’a bien se tenir, maintenant on sait d’où il tient sa force… Yes, Papa, jeu de jambes !

Quelques scènes dans le désordre... Appolo et Jules, les deux frimeurs blagueurs de go, sont en train de monter un stratagème pour profiter gratuitement du téléphone de Petit Vie, le gaou de service, en lui faisant miroiter un plan avec Conforte , la fille de ses rêves… Dans un couloir, Don Cesar, le beau gosse du lycée retrouve en cachette Mme Frotto (son professeur) pour se bécoter entre amoureux… Dans la cour, Pythagore, l’intéllo dans la lune réussi à convaincre Stella de ne pas avorter et d’en parler à ses parents… Safi qui est rejettée (pour son bien) par son petit-ami séropositif quitte subitement l’école et s’envole pour le Canada….

C’est dingue, la série est super rythmée et on ne compte plus les rebondissements. Une fois ma première émotion passée, je reviens sur terre. Je dois avouer que j’ai tout d’abord été accroché par la plastique irréprochable des filles de la série. A cause des Go comme Stella, Diane, Prisca, Conforte ou Betty, je n’arrive plus à faire la grasse mat le samedi matin. J’en suis même arrivé a me demander si elles vont en cours ou en boite de nuit… Les élèves sont sensés passer un BTS, mais je ne les entend ou ne les vois que très peu s’occuper des cours…

Est-ce que la série véhicule un message « futile » ? Absolument pas selon moi. En effet, la série est avant tout « un divertissement » comme l’a dit son producteur au cours d’une conférence de presse. C’est l’histoire de jeunes gens et leur entourage, qui vivent les aventures classiques des jeunes d’aujourd’hui… Mais il faut avoir une deuxième lecture pour comprendre tous les messages qui sont transmis. Des messages forts et contemporains comme la prévention du Sida, la communication entre parents et enfants, les conséquences de l’adultère et l’importance des études pour évoluer… Le générique fini même avec une phrase qui dit : « n’oublions pas nos valeurs scolaires ». Dans un épisode nous avons même droit à une intervention du « vrai » directeur de l’école pour un recadrage des élèves… on notera le costard 3 pièces de celui-ci, « faro faro » quand tu nos tiens...

Plus besoin de regarder les États-Unis pour avoir un exemple de réussite « For Us By Us », Class’A c’est une entreprise Africaine à soutenir et dont il faut s’inspirer. J’envie les jeunes d’aujourd’hui qui, grâce à Class’A’, vont échappés à « Seconde B » ou « Le miel et les abeilles ». Longue vie à Class’A et à bientôt pour de nouveaux épisodes en France… je l’espère. C’était le coup de cœur de votre d’humble serviteur.

Du même auteur :

- X-Files : Les Noirs dans l’industrie du sexe. Bootytalk et Pimp culture…

- Les Noirs au bureau, une comédie tragique !

- Les parents noirs viennent de Mars et leurs enfants de Jupiter…

- Vous avez ça dans le sang… Quand les clichés croisent le déterminisme social

- Black Music, White Business…Chap 1. La culture du No Risk

- Black Music. White Business… Chap 2. Comment ça marche les Blackeries ?

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