Originaire du Bronx, il ne se la joue pas bellâtre, mais plutôt rebelle. Son genre musical : le Spoken words. Il fait son apparition dans les années 70, et a à son actif plus de 5 albums, dont le plus récent date de 1993, quatre romans et un recueil de poèmes publié en 2001, poèmes communément appelés aujourd’hui du Slam, et qui en ont inspiré plus d’un. Avec 30 ans de carrière derrière lui, on le surnomme le « parrain du Rap », bien avant un certain Snoop.
Lors d’une interview du réalisateur britannique d’origine jamaïcaine, Don Leff, sur un documentaire consacré à Gil Scott-Heron (réalisé par ce dernier en 2005 avec la participation de la BBC), celui-ci nous révèle l’intérêt de faire découvrir au public et aux artistes qui s’intéressent aux courants musicaux tels que le hip hop, ses véritables origines : « j’ai fait ce documentaire afin d’éduquer la nouvelle génération de rappeurs : prenez un gars comme Dizzie Rascal , je suis prêt à parier qu’il n’aurait aucune idée si on lui demandait qui est Gil Scott Heron, alors qu’il est l’un des pionniers à avoir eu cet esprit de conscience du ghetto, l’envie d’en parler et de proposer des solutions à travers son art ».
Pourquoi Gil Scott-Heron est Afrotyly ?? Il a été publié pour la première fois à l’âge de 19 ans. Son premier roman, « Le Vautour » , dépeint le New York tourmenté des années 60, à l’approche des émeutes raciales.
La même année, il sort son premier album, un style prolifique et dévastateur est né.
Pour l’anecdote, son père est le premier footballeur noir à rejoindre une équipe de football anglaise.
Gil Scott-Heron est Afrostyly, pour les ladies parce qu’il est une des figures masculines des 70 et 80, au même titre que Mister D’angelo, dans les années 90 (vous voyez un peu la ressemblance…). Outre le fait d’être charismatique, sa voix est envoutante, suave et enragé, il est beau !
Le ton théâtral de chacune ses chansons nous propulse directement dans le Bronx des seventies, aux ambiances à la Shaft, Foxy Brown ou Cleopatra.
Une de mes chansons préférées est « Home is where hatred is » , ingénieusement samplée par Kanye West dans son « Late regisration ». Les paroles émouvantes de ce morceau nous dépeignent un ghetto américain dans lequel la drogue est omniprésente, et bien sûr aucune échappatoire n’est possible, même chez lui, Gil Scott-Heron se sent hanté.
Mais pour beaucoup Gil Scott-Heron, c’est le célébre « The Revolution will not be televised », sorti en 1970, qui retranscrit le climat d’urgence et les tensions omniprésentes dans les lieux où la police et les caméras ne viennent pas...Ce titre avant-gardiste est un rappel pertinent sur le pouvoir de manipulation des médias quand tout va bien, et qui nous cachent ce qui les arrangent quand ca va mal. C’est une quasi répulsion des médias que Gil Scott-Heron cultive dans ses slams, qui sont des discours politiques à eux tout seuls.
Un des thèmes récurrents des livres, poèmes et chansons de Gil Scott Heron, c’est le manque de changement de statut pour la culture Afro-américaine et le fait qu’elle soit toujours perçue comme une culture de seconde classe, malgré son influence flagrante. A la fin des années 70, Gil Scott-Heron attaque la monopolisation des médias par la communauté blanche, et des personnages tels que John Wayne ou le président de l’époque Ronald Reagan, considérés comme des héros par l’opinion public. D’après lui, ces derniers ne méritent que de figurer dans la catégorie des séries B. C’est entre-autres ce type de propos qui lui font perdre son contrat chez Arista, en 1985
Gil Scott-Heron est Afrostyly, mais ce n’est pas le père ou un membre de la famille de la sublime Jill Scott ! Même si les deux artistes ont comme point commun leur amour des mots et leur activisme pour l’émancipation de la communauté afro-américaine.
Gil Scott-Heron est un symbole afro-américain, mais aussi très new yorkais. Dans sa chanson « New York City » , il nous confesse son amour de cette ville car finalement, elle lui rappelle toujours ses racines du Bronx, un quartier plongé dans différentes cultures musicales, et dans ce titre on entend même un peu de salsa cubaine. Aujourd’hui son influence à lui est partout, de Common (entre autres pour le style vestimentaire), à Alicia Keys, en passant par Kanye West ou encore Mos Def, le Wu Tang Clan, Anthony Hamilton, la liste est longue.
Et pour finir sur une touche un peu moins afrostyly, on doit aussi à Gil Scott-Heron sur ses 30 ans de carrière, un bon nombre de passage en prison pour possession de substances illicites. A l’heure actuelle, une préparation d’album et un procès sont en attente... Comme quoi, personne n’est parfait…
Pour ma part, je vous conseille le Best of de Gil Scott-Heron « Glory » , et le documentaire intitulé « the Revolution will not be televised » , en partie financé par un des mécènes de la culture hip hop, le rappeur Chuck D.
Le Who’s’Who Afro Sur ananzie
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Maya Angelou. Poétesse, romancière, dramaturge et actrice afro-américaine