Les maisons de disque :
Avant tout il faut préciser que le Rap est devenu un énorme business. De ce fait la pression des grosses maisons de disque oriente et formate les productions. Mieux vaut éviter de brûler Hollywood si l’on veut passer sur Skyrock ou au Hit Machine par exemple.
Les médias : Certains médias participent à l’infantilisation du Rap en valorisant les productions légères voir vides, avec des messages profond comme « Garçon, si t’enlève la cédille ça fait garcon »… waow ! En outre avec les clichés utilisés pour décrire la banlieue, les médias font un amalgame avec le Rap dit hardcore qui devient l’illustration de la sauvagerie des sauvageons.
La nouvelle génération de MC : Aujourd’hui les jeunes rappeurs ne connaissent pas réellement la culture Hip Hop et ses valeurs. Grâce aux nouvelles technologies, il devient aisé pour cette nouvelle génération de créer à la va-vite et jouer à la star sur Youtube. Ils finissent par intégrer l’image que certains médias leur donnent et confondent (souvent avec une plume approximative) dénonciation et insulte, description d’un vécu et fantasme hollywoodien du mythe de Scarface.
Le Rap CONSCIENT est-il mort ? NON !!! Absolument pas !!!
Je dirais même qu’il est plus vivant jamais. Afin de ne souffrir d’aucun amalgame, il s’est éloigné (ou a-t-il été rejeté) peu à peu du système (médias généralistes, maisons de disques,…) qui alimente le grand public. Peut-être est-ce pour s’émanciper de la pression exercée par ce système qui formate la création ou pour garantir une certaine authenticité. Qu’en dites vous ?
Si aux Etats-Unis ce mouvement est incarné par des artistes comme le vétéran KRS1, Nas, Dead Preaz, Mos Def ou Common, la France n’est pas en reste. Si des groupes comme IAM avec des titres comme « les tam tam de l’Afrique » ou « Petit frère » ont toujours eu une approche conscientisante, malgré la pression commerciale, on peut dire que le MC qui illustre le mieux la conscience dans le Rap est Kery James.
De son nom de naissance Alix Mathurain, Kery James (devenu Ali depuis sa conversion à l’Islam) en plus d’être un artiste hors paire, est devenu l’ambassadeur de la conscience auprès de la jeunesse de France, notamment celle des ZUP et autres ZEP. Son passé trouble, vécu dans le 9-4, dont il se sert sans fierté malsaine, lui octroie une réelle crédibilité auprès du public et de ses pairs, lorsqu’il alerte face à l’illicite si présent dans les quartiers.
La preuve par les mots :
« Relève la tête »Ouais c’est sûr dans la vie, y’en a plusieurs des écoles Réfléchis si tu choisis celle du mensonge et du vol C’est pas être un bidon que d’ouvrir un bouquin Sur les chemins du savoir, tu réaliseras ton destin
« J’ne crois plus à l’illicite »
_ Tu veux mener la grande vie, y’a des millions à gagner mais t’as qu’une seule vie
Tu connais ma vision la rue c’est la mort ou la prison
Prouve moi la contraire mais parle pas trop car c’est p’être demain qu’on t’enterre
« Y’a pas de couleur »
_ Aucune couleur ne garantit ta réussite
J’connais les méfaits du racisme et ce qu’ils provoquent
Quand l’exclusion devient rage, arrive le choc
Même en temps de guerre alors que la paix agonise
J’réanime l’amour dont l’absence m’épuise
Ces messages conscients ne se trouvent pas dans les rayons CD de Carrefour, mais dans les rayons Rap de la Fnac, sur scène, sur Internet ou à 1h du matin sur MTV. Un grand nombre d’artistes nous offrent cette réalité brut comme Baloji et son excellent titre « Cela ne nous rendra pas le congo », Bakar, Médine, Blako ou bouchés double.
Ces artistes existent bel et bien et c’est à nous consommateur de participer à un retour sans délai d’un Rap riche et fort de sens, parfois drôle, parfois triste mais surtout conscient.
Permettez-moi de finir avec un lyrics de Bakar feat Kery James, tiré de son titre « N’incite pas » :
_ Tu sais, j’ai vu que la conscience l’emportait souvent
C’est navrant de les voir naviguer dans le sens de l’argent
Découragé de leur dire que ya pas d’avenir sans enjeux
Les voir à la dérive laisse à mes yeux des larmes de feu
Votre humble serviteur, Mbépongo aka Dédy Smith
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