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Haïti

Haïti. la première république noire libre de l’Histoire du Nouveau Monde

dimanche 30 mars 2008 | par Tshibwabwa Mua Bay

Afrodescendants : 95 % de Noirs Capitale : Port-au-Prince Population : 8 308 504 habitants (2006) Langue majoritaire : créole Système politique : République Superficie : 27 750 Km² Président : René Préval Monnaie : Gourde (HTG)

Haïti est un État situé dans la partie ouest de l’île d’Haïti (ou île d’Hispaniola) qu’il partage avec la République dominicaine (partie est). C’est la seconde plus grande île des Grandes Antilles après Cuba. Haïti est donc limité à l’est par la République dominicaine, mais bordé de tous côtés par l’Atlantique et la mer des Caraïbe. Le pays occupe 36 % de la surface de l’île, soit 27 750 km² dans sa partie occidentale. On constate aussi que Haïti est formé de deux péninsules séparées par le golfe de la Gonâve, où se trouve l’île de la Gonâve, la plus grande des îles situées au large des côtes d’Haïti. Les autres îles sont l’île de la Tortue tout au nord du pays (au large de Port-de-Paix), et l’île à Vache, au sud-ouest (au large des Cayes).

Haïti est divisé en neuf départements dirigés par un délégué nommé par le gouvernement : le Centre, le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, l’Artibonite, l’Ouest, le Sud, le Sud-Est et la Grande-Anse. La capitale, Port-au-Prince, est de loin la ville la plus importante du pays, avec 1,1 million d’habitants. Elle est située au fond du golfe de la Gonâve. Les autres agglomérations, bien plus petites, sont Cap-Haïtien au nord, Les Cayes au sud et Les Gonaïves au nord-ouest. L’île d’Haïti compte donc deux États : à l’est, la République dominicaine, à l’ouest, la république d’Haïti.

La population d’Haïti était estimée à 8,3 millions d’habitants en 2006. Environ 74% de la population vit en zone rurale. La quasi-totalité des Haïtiens, soit 95 %, sont d’origine africaine, le reste de la population étant constitué de Mulâtres (issus d’un métissage entre Africains et Français). Toute la population de la République d’Haïti parle le créole haïtien comme langue maternelle. A la population de l’île il faut ajouter une importante diaspora haïtienne vivant dans les autres îles de la Caraïbe, principalement la République Dominicaine et la Guadeloupe, ou immigrée aux Etats-Unis, au Canada et dans une moindre mesure en Europe.

Touchée à la fois par la sécheresse et les tempêtes, l’agriculture haïtienne (65% des actifs) connaît de surcroît une surpopulation des campagnes ayant entraîné l’épuisement des terres et une érosion considérables. La plupart des fermes sont de petites exploitations familiales où l’on pratique la culture vivrière (maïs, manioc, patates douces, haricots, riz, plantain), des exploitations plus importantes fournissant les rares produits exportables : sucre de canne, café, sisal, cacao, noix de coco, tabac et coton. La pêche reste encore artisanale et le bois sert à la fabrication de produits artisanaux (masques, sculptures), destinés essentiellement à l’exportation. La monnaie nationale est la gourde, qui se divise en centimes.

À l’origine, l’île était peuplée par les Arawak (ou Taïnos) et les Caraïbe. Les premiers indigènes avaient nommé leur île, selon le cas, Ayiti, c’est-à-dire « Terre des hautes montagnes », Quisqueya et Bohio. Lorsque Christophe Colomb aperçut cette île en 1492, elle comptait probablement quelques centaines de milliers d’habitants. Les Espagnols soumirent les Arawak et les Caraïbe à des travaux forcés afin d’extraire l’or des mines. En moins de vingt-cinq ans, les populations autochtones de Santo Domingo, du nom donné par Christophe Colomb, furent totalement décimées. Les Espagnols firent alors venir des Noirs d’Afrique pour les remplacer.

Originaires de diverses ethnies, les premiers esclaves africains déportés sur ce territoire étaient originaires de l’Afrique de l’Ouest, mais durant les derniers siècles de la traite négrière la population noire d’Haïti comptera en son sein une grande majorité d’esclaves provenant d’Afrique centrale, plus précisément le Bassin du Congo, que se partagent les actuelles Angola et République démocratique du Congo. Les Espagnols ayant délaissé cette partie de l’île pour son versant orientale qui recelait de l’or, les Français prirent possession d’Ayiti. Ils continuèrent de déporter des esclaves africains pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Ces derniers développèrent une langue particulière qui allait devenir le créole.

C’est au cours de cette période que fut appliqué le Code noir, destiné à réglementer le régime de l’esclavage et précisant les devoirs des maîtres et des esclaves. La colonie de Saint-Domingue devint l’une des colonies les plus riches des Antilles. À la fin du 17ième siècle, la valeur des exportations de Haïti ou Saint-Domingue, dépassait même celle des États-Unis. Cette prospérité reposait sur les cultures commerciales de sucre et de café pratiquées dans de grandes plantations employant près de 500 000 esclaves noirs et encadrés par 30 000 Blancs. En 1789, à la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue comptait plus de 600 000 esclaves, un nombre nettement supérieur à celui des Blancs qui atteignaient à peine 50 000 individus.

La période coloniale à Haïti fut traversée par de nombreuses révoltes d’esclaves, dont la plus décisive éclata dès 1791. Sous la conduite de leurs chefs — Toussaint Louverture (dit Toussaint Bréda), Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe et Alexandre Pétion —, les esclaves brisèrent leurs chaînes. Craignant « de voir passer dans des mains ennemies la propriété de Saint-Domingue », le représentant de la Convention à Paris, le commissaire Santhonax, proclama la liberté des esclaves le 29 août 1793, pour la province du Nord, et le 4 septembre dans la province du Sud. Toussaint-Louverture se rallia au gouvernement français, et il fut nommé général de la République et gouverneur de l’île. Mais la menace du rétablissement de l’esclavage par Napoléon amena Toussaint-Louverture à reprendre les armes contre la France. En 1801, Toussaint Louverture prit même possession de la partie orientale de l’île qu’il souhaitait rattacher à Saint-Domingue. En 1802, il fut fait prisonnier par les Français qui l’internèrent au fort de Joux, dans le Jura, où il mourut (1803).

L’indépendance. La longue guerre de libération aboutit à la défaite des armées françaises en novembre 1803. L’indépendance fut proclamée le 1er janvier 1804 et la colonie de Saint-Domingue devint officiellement Haïti (du mot amérindien Ayiti), la première république noire libre de l’Histoire du Nouveau Monde. C’est Jean-Jacques Dessalines qui expulsa les derniers Français et proclama l’indépendance de Saint-Domingue. Il prit aussitôt le titre d’empereur en 1804 sous le nom de Jacques Ier. Après l’assassinat de Dessalines, en 1806, le pays se scinda en deux : au nord, un royaume dirigé par Henri Christophe, au sud une république gouvernée par le mulâtre Alexandre Sabès, dit Pétion. En Haïti, une période confuse ne faisait que commencer, quand on sait que, entre 1804 et 1957, quelques 24 chefs d’État sur 36 seront renversés ou assassinés.

L’occupation américaine.Après avoir été mis au ban des nations pour avoir osé s’émanciper du joug esclavagiste, Haïti fut progressivement reconnu par la France, puis par le Saint-Siège et les États-Unis. Le pays fut, dans les faits, gouverné exclusivement par des Mulâtres jusqu’en 1910 et connut une période de prospérité relative. Dès 1906, les compagnies américaines commencèrent à construire des voies ferrées et à exproprier les paysans sans titres de propriété. Les Américains finirent par occuper militairement Haïti, le 28 juillet 1915. En 1918, tout le pays fut en état d’insurrection. On estime que la guérilla a fait au moins 15 000 morts. Washington mit alors en place un gouvernement local qu’il garda sous contrôle. Les travaux de modernisation, dont la mise en place d’une infrastructure routière, l’amélioration des techniques agricoles et le développement du réseau téléphonique furent accélérés. Toutefois, cette marche forcée vers la modernité se fit aux dépens des couches les plus défavorisées de la population. Les Haïtiens conservèrent une forte hostilité envers l’occupant américain qui n’hésitait pas, si la situation semblait l’exiger, à fusiller des Haïtiens par centaines à la fois.

Le climat politique. En août 1934, les États-Unis quittèrent Haïti. La fin de l’occupation, ajoutée aux conséquences de la crise économique mondiale, engendra le retour à l’instabilité et encouragea les velléités dictatoriales des dirigeants locaux. Après avoir connu la dictature des Duvalier et leur milice paramilitaire des « tontons macoutes », une junte militaire dirigée par le général Henri Namphy s’empare aussitôt du pouvoir, pour être remplacé à son tour par le général Prosper Avril. Acculé au départ en mars 1990, il démissionna pour ouvrir la voie à des élections sous contrôle international. Jean-Bertrand Aristide, un prêtre catholique qui s’était fait l’avocat des pauvres, remporta la victoire en décembre 1990. Les espoirs suscités par son accession à la présidence de la République seront de courte durée, son gouvernement prenant des allures de dictature, et en septembre 1991, il est renversé par une junte militaire dirigée par le général Raoul Cédras (1993). Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assurera ensuite le pouvoir par intérim. En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l’appui de manifestations populaires, René Préval, un proche d’Aristide et ancien président de la République d’Haïti entre 1995 et 2000, sera élu.

- Toute l’Afrique sur Ananzie

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