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L’Ethiopie

L’Ethiopie. Terre des Hamar, Oromo, Amhara, Tigréen, Sidamo, karo et Afar

samedi 12 janvier 2008 | par Tshibwabwa Mua Bay

Population : 73 millions d’habitants (2005) Capitale : Addis Abeba Villes principales : Gonder, Dire Dawa, Dessié, Jimma, A Nazret, Harar, Mak’alé, Bahir Dar Groupes ethniques : Hamar, Karo, Oromo, Amhara, Tigréen, Sidamo Langues : Amharique, Gouraghinya, Tigrinya, Orominya, Somali, Ari, Somali, Afar Système politique : République Président : Girma Wolde-Giyorgis Monnaie : Birr

La République d’Éthiopie, pays le plus grand de la Corne de l’Afrique, est limitée au nord-est par l’Érythrée et Djibouti, au sud-est par la Somalie, au sud-ouest par le Kenya, et à l’ouest par le Soudan. L’Éthiopie couvre 1133 380 km², et sa capitale est Addis-Abeba. Le nom de Éthiopie (anciennement Abyssinie) proviendrait d’un mot grec Æthiops (latin : Aethiopia) signifiant « pays des visages brûlés » (par allusion à la peau noire des Africains), probablement une traduction du sémitique ancien Habesha (qui a donné Abyssinie). Ce terme d’Abyssinie désignait alors plusieurs régions d’Afrique, dont la Nubie, le Soudan, le désert de Libye et l’actuelle Éthiopie.

Depuis 1994, la nouvelle Constitution a fait de L’Éthiopie une fédération dont les États, formés en principe sur une base ethnique,ont acquis une grande autonomie, avec chacun une assemblée et une administration propre. Ses huit états sont : Afar, Amhara, Beni-Shangul, Gambella, méridional, Oromia, Somalia et Tigré. A ces états, il faut ajouter trois villes à charte : Addis-Abeba, Harar et Diré-Dawa. La population éthiopienne est estimée à 73 millions d’habitants en 2005. Les États les plus peuplés sont l’Oromia (25,1 millions d’habitants), l’Amhara (18,5 millions d’habitants) et l’État méridional (13,9 millions d’habitants).

L’Éthiopie constitue une mosaïque de plus de 80 ethnies. Les Oromo, également appelés Galla, sont les plus nombreux (env. 40 %), suivis des Amhara et des Tigréens (32 %). Les autres groupes ethniques numériquement importants sont les Sidamo (9 %), les Ari ou Shankella (6 %), les Somali (6 %), les Afar (4 %) appelés aussi Danakil et les Gurage (2 %). L’Éthiopie compte autant de langues que d’ethnies : plus de 80, sans parler des innombrables variétés linguistiques (plus de 200 dialectes). Toutes les langues parlées en Éthiopie appartiennent à deux familles : la famille chamito-sémitique et la famille nilo-saharienne.

Près de la moitié de la population est de religion chrétienne orthodoxe ou copte. C’est le christianisme qui prédomine dans le nord du pays. L’Église d’Éthiopie, rattachée à l’Église copte d’Égypte, était Église d’État jusqu’en 1974. L’orthodoxie éthiopienne se caractérise par une forte tradition monastique et, jusqu’à la révolution marxiste, le clergé était présent dans pratiquement toutes les villes du pays. Sa vision des valeurs chrétiennes est mêlée à des croyances traditionnelles africaines qui intègrent les esprits, tandis que les offices religieux accordent volontiers une place à la danse, à l’astrologie et à la divination. La répartition des croyances répond en partie à des critères linguistiques et géographiques.

Les Éthiopiens parlant le tigrina ou l’amharique sont chrétiens à 90 % et ceux de langue sidamo à 60 %. Quant à l’islam, il est pratiqué par environ 40 % de la population, principalement dans les régions isolées du Sud et les régions de l’Est. L’islam a pénétré dans le pays lors des conquêtes territoriales du VIIe siècle. Au cours de l’occupation italienne (1935-1941), la cour de justice islamique, la Charia, devint officielle à Addis-Abeba et dans le Wollo. En 1960, sous la pression musulmane, le gouvernement de Haïlé Sélassié reconnut l’existence de la Charia qui concernait un nombre grandissant de croyants. Quelque 10 % des Éthiopiens sont animistes, notamment parmi certaines ethnies semi-nomades du sud et du sud-ouest du pays.

Il existait, jusqu’au milieu des années 1980, une petite minorité de juifs éthiopiens dans la province de Gondar, les Falachas (appelés aussi juifs d’Abyssinie). Cette minorité religieuse fut persécutée par les autorités éthiopiennes durant plusieurs siècles. Leur nom vient d’un ancien mot guèze (racine du mot falasha) signifiant « exilés », « émigrés » ou « étrangers ». Il désigne notamment une partie de l’ethnie des Agoués, qui vivait sur le haut plateau abyssin avant l’arrivée des fondateurs du royaume d’Aksoum. Les anciens Agoués étaient animistes, mais une partie d’entre eux adopta le judaïsme, sans doute aux environs de l’ère chrétienne. Lorsque vers 320 l’Église d’Éthiopie devint Église d’État, les Agoués juifs se séparèrent des Agoués chrétiens et créèrent leur propre royaume. L’État falasha resta indépendant jusqu’en 1616, date à laquelle il fut intégré à l’Empire abyssin. Ce fut le dernier État juif de l’histoire avant la création d’Israël en 1948.

Privés de leurs terres, victimes de l’antisémitisme, les Falachas devinrent la communauté la plus pauvre d’Éthiopie. Au XVIe siècle, leur nombre était estimée à 500 000, mais diminua à 70 000 vers 1860 et à moins de 30 000 au milieu du XXe siècle. Une bonne partie de la communauté Falacha émigra en Israël entre 1984 et 1985, alors qu’un pont aérien avait été organisé pour faciliter leur transport vers Israël. Il resterait aujourd’hui en Éthiopie quelque 20 000 falashas à attendre depuis des années, dans des camps de transit, l’autorisation de s’envoler pour Israël.

De par le maintien de son indépendance historique au sein de l’Afrique, l’Éthiopie est l’un des premiers pays africains à entrer de plain-pied dans l’économie de marché. Ceci se solde notamment par la création par Ménélik II dès 1906 de la première banque éthiopienne « The Bank of Abyssinia ». L’Éthiopie est alors rapidement soumise à l’influence des capitaux étranger. Paradoxalement le pays sera le premier pays africain à payer « l’abandon du colonialisme territorial pour le Néo-colonialisme », avec une prédominance des capitaux anglais au cours du XXe siècle, et restant séparée de ses zones côtières et de ses ports du fait de la colonisation italienne de l’Érythrée, et aujourd’hui encore de part l’indépendance de l’Érythrée. Pour Joseph E. Stiglitz, prix nobel d’économie, ce pays est un exemple flagrant des dérives de la mondialisation et de l’échec de la politique du FMI.

Aujourd’hui, 90 % de la population active éthiopienne est dans le secteur agricole. L’Éthiopie est le berceau de l’araire. Les agriculteurs des Hauts Plateaux pratiquent une agriculture vivrière et traditionnelle. Le teff, l’éleusine et l’ensete (« faux-bananier ») sont trois espèces cultivées sur les Hauts Plateaux. Elles représentent les principales productions alimentaires selon les régions. Le teff est une céréale encore méconnue, peu d’études ont été à ce jour réalisées sur ses propriétés. Mais c’est surtout le café qui occupe une place centrale dans l’économie éthiopienne : au cœur de la tradition éthiopienne, la culture du café occupe 400.000 hectares et la production totale tourne autour de 230.000 tonnes, dont plus de la moitié est consommée en Éthiopie où la tradition du café est bien ancrée.

Les volumes exportés ont représenté jusqu’à 60% de la valeur totale des marchandises exportées de l’Éthiopie. Complètement libéralisé depuis la chute du Derg, l’emprise des multinationales sur l’économie du café et ses cours, ainsi que les conséquences sur les petits producteurs a été à de nombreuses reprises dénoncée par des ONG : "Selon un rapport de l’ONG Oxfam, le café est « une véritable mine d’or pour les torréfacteurs internationaux » tandis que les producteurs « ne reçoivent qu’environ 6% de la valeur du paquet de café vendu dans les supermarchés et les épiceries."

- Fig. 1 Oromo
- Fig. 2 Amhara
- Fig. 4 Karo
- Fig. 5 Afar

Toute l’Afrique sur Ananzie.net :

- Le Ghana. Terre des Akan, Fanti, Ashanti, Ewé et du Kente

- Le Burkina Faso. La patrie des hommes intègres…

- Le Botswana. Une croissance économique rapide et durable au pays du Setswana

- Le Cameroun. 17 millions d’âmes et une mosaïque de plus de 200 groupes ethniques

- Le Bénin. Berceau du Vaudou et de la culture Fon

- La Côte-d’Ivoire. Une mosaïque de peuples et de cultures, baignée par le golfe de Guinée et l’océan Atlantique

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