Comme partout ailleurs, les peuples et royaumes africains ont fait la guerre afin de maintenir l’intégrité de leurs territoires ou de répondre à des besoins d’expansion. La conquête, la quête de puissance et d’héroïsme sont autant de raisons qui ont motivé les peuples à se combattre et les royaumes à devenir des empires.
Les combats s’effectuaient généralement au corps à corps, les hommes étant armés de couteaux, d’épées courtes, de sabres, de sagaies à l’ornement sophistiqué, et parfois protégés par des boucliers en cuir d’un grand esthétisme, tels que ceux des armées Zulu, ou en vannerie au tressages raffiné. Les armes à feu, introduites tardivement, bien que largement utilisées, n’apportèrent pas de grandes modifications aux techniques militaires existantes. Les fusils fournis aux Africains par les européens contre des matières premières, étaient de plus de très mauvaise qualité. Il était d’ailleurs interdit de vendre aux autochtones des armes modernes, afin qu’ils demeurent à la merci des pays européens. Cette "faiblesse" technique sera décisive lors des guerres coloniales.
Depuis toujours les armées africaines se composent de fantassins qui avançaient à la marche. Les compagnies de cavalerie existaient principalement chez les peuples du Delta du Niger et ont joué un rôle prépondérant dans l’édification des royaumes et empires Sonrhaï, Kanem-Bornu, Mossi, Mandingue, Wassoulou et bien d’autres. Sur les champs de bataille de l’Afrique australe, les armées étaient exclusivement composées de fantassins, guerriers "apprêtés" de coustumes élaborés et magnifiques, dans le but d’honorer la guerre, considérée par les Zulu, Tswana, Xhosa et Sotho, comme un art à part entière.
Rappelons que les images de cette galerie sont des documents iconographiques, conservés pour la plupart dans des collections privées, des musées et des bibliothèques américaines. Rappelon également que ces images ne doivent pas être systématiquement considérées comme des représentations fidèles de l’Afrique pré-coloniale.
Malgré la qualité de certaines de ces gravures, il faudra toujours garder à l’esprit que ces images de l’Afrique et de ses habitants ne sont pas le fruit du hasard ou de la seule curiosité esthétique. Elles ont toujours été créées dans un but bien précis. Celui de l’exploration et de la connaissance d’un territoire avant sa conquête par la force. Celui de la création de réseaux, d’alliances qui feront de l’Afrique un vivier inépuisable d’être humains destinés à l’esclavage sur les terres du Nouveau Monde. Celui de la propagande et du prosélytisme religieux des missionnaires chargés de christianiser l’Afrique. Ces "cartes postales " et ces descriptions étaient avant tout destinées à des spectateurs Européens.
Les explorateurs, les négriers, les missionnaires devaient montrer aux Européens, citoyens lambda et gouvernants, que les Africains étaient des être dociles, obéissants, qui acceptaient la présence et la domination des Blancs, qui reconnaissaient leur supériorité. Et même dans le cas contraire ou les Africains étaient représentés comme des sauvages cannibales et primitifs, cela justifiait la mission civilisatrice des Européens. De plus ces images de l’Afrique rassuraient les Métropoles Européennes sur l’armement, les avancées techniques et le caractère inoffensifs de la plupart des Africains. Les Européens étaient souvent reçus en amis par les souverains africains, et c’était pour eux le meilleur moyen d’évaluer les forces ou les faiblesses de leurs hôtes.
L’Histoire sur ananzie.net :
Les Rois et leurs cours. Lieux et symboles du pouvoir dans l’Afrique pré-coloniale
Galerie 2. L’art militaire. Guerriers et armées africaines