Afrodescendants : 10 % de Noirs, 77 % de Mulâtres
Préfecture : Fort-de-France
Population : 392 844 habitants (2004)
Autres groupes : Indo-pakistanais, Syro-libanais, Chinois, Blancs
Langue majoritaire : créole martiniquais
Système politique : département français d’outre-mer (DOM
Superficie : 1 128 Km²
Monnaie : Euro
La Martinique fait partie des Antilles françaises et constitue, depuis 1946, un département français d’outre-mer, en d’autres termes un DOM. Avec une superficie de 1 128 km², une longueur de 70 km pour une largeur d’environ 30 km, la Martinique est le plus petit des départements d’outre-mer. Elle se situe, comme la Guadeloupe, au coeur de l’arc des Petites Antilles dans la mer des Caraïbe. Contrairement à la Guadeloupe, qui forme un archipel de huit îles, la Martinique ne constitue qu’une seule île. La Martinique et la Guadeloupe sont séparées l’une de l’autre par une île non francophone : l’île de la Dominique, de langue anglaise. Ainsi, les deux voisines les plus proches de la Martinique sont les îles anglophones de la Dominique, au nord, et de Sainte-Lucie, au sud.
D’un point de vue administratif, la Martinique est composée de 34 communes : Fort-de-France, Saint-Joseph, Le Lamentin, Schœlcher, Grand’Rivière, Macouba, Basse-Pointe, Le Lorrain, Marigot, Sainte-Marie, La Trinité, Le Robert, Le Gros-Morne, Ajoupa-Bouillon, Le Morne-Rouge, Le Prêcheur, Saint-Pierre, Le Carbet, Bellefontaine, Case-Pilote, Fonds-Saint-Denis, Le Morne-Vert, Rivière-Salée, Les Anses d’Arlet, Le Diamant, Sainte-Luce, Le Marin, Sainte-Anne, Les Trois-Îlets, Le François, Le Vauclin, Ducos, Rivière-Pilote, Saint-Esprit.
La ville de Fort-de-France est la capitale administrative, mais elle représente également le centre économique de ce département français d’outre-mer.
La population de la Martinique est majoritairement composée de Mulâtres. Viennent ensuite les Noirs et les groupes d’origine indienne et asiatique. Au sein de la population noire de l’île, les natifs Martiniquais constituent le groupe le plus important. Ils sont suivis en nombre par les immigrants guadeloupéens, haïtiens, guyanais et réunionnais. Presque tous les Martiniquais parlent le créole comme langue maternelle. s’ils sont nés en Martinique, ils parlent le créole martiniquais, sinon c’est le créole guadeloupéen, le créole haïtien, le créole guyanais, etc.
Les principales ressources économiques de la Martinique sont l’agriculture et le tourisme. L’agriculture est dominé par le secteur bananier. La banane est le premier produit agricole d’exportation (57,8 % de la production agricole de l’ile). Le rhum agricole représentait 23% de la valeur ajoutée agroalimentaire en 2005. La production de l’île se situe autour des 80 000 hl d’alcool pur. La canne à sucre représentait en 2005, 3600 hectares soit 13.7% des surfaces agricoles. A ces cultures il faut ajouter celles de l’ananas, du melon, de l’avocat et des limes . Le secteur du tourisme subit la forte concurrence de pays moins chers comme la République Dominicaine et Cuba. Plus de 25% des gens nés dans les DOM françaises vivent actuellement en France, et un certain nombre envoi de l’argent dans les îles. Mais cela ne suffit pas à faire vivre une région entière.
Pendant deux siècles, la Martinique, comme d’ailleurs toutes les autres Antilles, a vécu sous le règne de l’esclavage. Les Français importèrent leurs premiers esclaves dès 1635. En 1673, le roi Louis XIV autorisa la création de la Compagnie du Sénégal, qui devait conduire des esclaves noirs aux Antilles et à la Guyane française. Cependant, contrairement à la Hollande qui avait organisé la traite des Noirs en faveur du Surinam (plus de 400 000 Africains déportés jusqu’en 1823, année de la suppression de l’esclavage par la Hollande), la France, grâce à la Compagnie de la Guyane, préféra vendre ses cargaisons d’esclaves à Saint-Domingue (actuelle Haïti), plutôt que de les envoyer en Guyane française dont le développement économique semblait beaucoup moins prometteur.
De fait, plus de 700 000 esclaves furent déportés aux Antilles françaises entre 1673 et 1789, dont 600 000 pour la seule Saint-Domingue. Les autres furent envoyés en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Christophe (actuel Saint-Kitts-et-Nevis), etc. En 1710, le nombre des esclaves s’élevait à 21 000 à la Martinique, et le Code noir y était également en vigueur. Quelques décennies plus tard, en 1745, la Martinique comptait environ 80 000 habitants dont 65 000 esclaves. Au moment de la suppression de l’esclavage en juin 1848, on dénombrait un peu plus de 72 000 esclaves.
Le « décret d’abolition de l’esclavage » du 27 avril 1848, fut confirmé par la Constitution du 4 novembre 1848. Au terme de cette douloureuse période, la colonie martiniquaise s’était massivement peuplée de nouveaux arrivants africains. Mais l’esclavage se perpétua sous une autre forme lorsque fut imposée le Code de l’indigénat, qui n’était qu’une nouvelle servitude déguisée, dépouillant la population noire de toute autonomie et de tout droit. Grâce aux pratiques discriminatoires promulguées par ce code (en vigueur de 1887 à 1946), les Blancs continuèrent à jouir de privilèges considérables.
La suppression de l’esclavage et son impact sur l’économie, incita la France à faire appel à une main-d’œuvre africaine dite « libre », mais en réalité astreinte aux travaux forcés, et essentiellement issue de la région du Congo. Comme en Guadeloupe, on recruta également des travailleurs immigrants indiens dits « Coolies », originaires des comptoirs français de l’Inde. Vers la fin du siècle, un millier de Chinois débarquèrent également dans l’île et, un peu plus tard, d’autres immigrants arrivèrent, cette fois-là, de la Syrie et du Liban. C’est ce qui explique que la population martiniquaise est aujourd’hui formée d’une palette ethnique assez variée, puisqu’on y compte non seulement des Noirs et des mulâtres, mais aussi des Indiens, des Chinois et des Syro-Libanais, sans oublier les "Blancs-Pays" ou « Békés ». Bien que vivant en relative harmonie, les différents groupes ethniques de la Martinique n’en continuent pas moins de se distinguer et de se méfier les uns des autres, selon de subtiles distinctions.
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