Cela fait donc 8 années que la biennale Dak’art ouvre ses portes aux designers africains et à leurs acheteurs. Entre la Galerie Nationale d’Art, celle du Manège ainsi que le Musée Théodore Monod la ville Dakar sera cette année encore la capitale mondiale de l’art africain entre le 9 mai et le 9 juin.
Véritable plateforme économique pour les artistes et artisans, et manne toursitique, pour le pays, la biennale est avant tout l’évènement le plus pérenne que le continent noir ait à ce jour offert à son art. Créé par l’état Sénégais, le credo du Dak’art est simple : « Révéler auprès d’un large public venu des quatre coins du monde une Afrique qui crée et innove. Susciter de nouvelles approches dans la définition et la conceptualisation des arts contemporains en Afrique. Impulser de nouvelles collaborations entre créateurs africains d’une part et d’autre part entre créateurs africains et ceux des autres continents. »
Cette année, la Biennale DAK’ART 2008 emprunte la métaphore du miroir pour : « s’interroger, interroger un destin et tenter d’esquisser par l’Art, un avenir, celui d’une Afrique plus actuelle que jamais, dans une conscience immédiate ou dans des tentatives d’occulter une présence porteuse d’interrogations multiples. » Le ton est donné et l’air est à l’introspection, en somme à l’art « conscient ». Les organisateurs de l’évènement sont en quête d’un art africain sensé et impliqué, qui réfléchit sur la place du continent noir dans un monde mondialisé, qu’il doit affronter et intégrer sans perdre son âme.
La Biennale DAK’ART c’est un ensemble d’expositions dédié à l’art plastique et surtout au design. Les 13 sélectionnés pour le Salon du Design viennent de 11 pays d’Afrique dont ils viendront défendre les talents et l’artisanat : Sarah BOUDIAF (Algérie) , Kossy Traoré (Burkina Faso), Christian Djomagni (Cameroun), Vincent Niamien et Jean Servais SOMIAN (Côte d’Ivoire)
Annie Prebay Ranarivelo (Madagascar), Cheikh Diallo (Mali), Khadija KABBAJ (Maroc), Joëlle le Bussy FAL et Ousmane MBAYE (Sénégal ), Kossi ASSOU (Togo), Memia TAKTAK (Tunisie) :
La diaspora s’est également invitée à cet évènement, car comme le disent les organisateurs : « Des artistes de la diaspora revendiquent avec légitimité une présence plus significative à la Biennale de Dakar. DAK’ART présente, pour eux, une grande opportunité pour une légitimation de leur création par une communauté à laquelle ils sont fortement attachés. Pour nombre d’entre eux, il s’agit d’un retour à la source pour puiser de nouvelles émotions qui permettent d’alimenter leur inspiration. » Ainsi ont été conviés à présenter leurs créations : Grace NDIRITU (Grande-Bretagne), Gabriel PACHECO (USA), Roberto Rico (Guadeloupe France).
La Biennale DAK’ART, c’est également des ateliers d’art expérimentaux, les Dak’Art Lab, avec notamment l’arrivée du numérique depuis l’édition 2004. Il y a également le Dak’art Off, dont l’ampleur n’a cessé de croître et de stimule l’évènement officiel. Le Dak’art Off, c’est des centaines de mini-évènements autour du DAK’ART qui permet aux artisans et artistes « hors-compétition » de s’adresser directement au grand public par l’occupation visuelle de bars, bars, lieux de restauration, résidences, théâtres, banques, rues, centres culturels, etc. D’une cinquantaine de manifestations et d’initiatives individuelles et collectives en 2000, Dak’art Off est passé à plus de 120 expositions en 2002 et 130 en 2004.
Enfin la biennale de DAK’ART c’est aussi une revue trimestriel consacré aux arts visuels et à la critique d’art en Afrique : Afrik’Arts. Dans le souci d’assumer pleinement sa vocation panafricaine, la Biennale de l’Art Africain Contemporain a choisi de se doter d’un nouvel outil de communication.
En Off ou en On, la Biennale reste l’évènement majeur pour tous les artistes qui gravitent autour et souhaite à la fois partager leur talent et en vivre. La présence des artistes africains sur le marché international reste encore très faible. Les règles de ce même marché de l’art sont définies en dehors du continent africain par des experts dont la perception de l’art africain reste prisonnière de considérations réductrices. A l’heure d’un questionnement sur le concept même de « co-éveloppement », le secteur de la Culture apparaît comme le lieu de nouveaux enjeux. Enjeux pour la préservation de la diversité face à la menace de la mondialisation. Enjeux économiques qui placent l’Afrique et ses créateurs dans une position privilégiée de conquête de marchés nouveaux. La biennale de DAK’ART veut accompagner l’art et les artistes africains sur ces nouveaux marchés, en lui faisant prendre conscience de tous leurs enjeux.