Pour la Grande-Bretagne, il y a bien longtemps que les femmes ont abandonné cette course contre la nature qui les a obligé, des décennies durant, à imiter une silhouette de sylphide, aux contours épurés et à la constitution osseuse fine. Ce dernier élément est tout autant déterminant dans la structure et la forme d’un corps que la masse graisseuse. La forme osseuse ne varie pas jusqu’au troisième âge ou du moins pas avant la ménopause chez les femmes. C’est ce qui explique également ce phénomène de podiums parallèles où les grands couturiers invitent des sportifs à défiler pour certaines de leurs créations : en général les tailleurs. Rappelons-nous qu’un danseur de ballet classique est « élu » par la profession, si, arrivé aux abords de la puberté, la discipline et la rigueur lui incombant lors de la pratique de ses exercices physiques, ont eu une action sur son corps. Si sa silhouette, et particulièrement sa structure osseuse, ne reflète pas la pratique de la danse, le jeune profane sera relégué à une carrière de gymnaste, de patineur ou de danseur « jazz ». C’est ce qui est arrivé à Surya Bonaly. Le corps a une mémoire sensiblement perceptible chez les femmes.
Les hommes du 20ième siècle sont aussi soumis aux exigences morphologiques de notre temps. A l’heure de l’explosion des pratiques de chirurgie esthétique et de transformation cutanées soit par les cosmétiques, soit par de rituels passages hebdomadaires chez les esthéticiennes et masseuses, la gente masculine occidentale ne fait plus exception. Les hommes sont quasi unanimement « apple shape », rappelons simplement qu’ils ont tendance à stocker la masse graisseuse sur le dos, le ventre et les bras. L’élément qui demeure déterminant dans l’analyse de la silhouette d’un homme dans la culture occidentale, est la ligne du corps ou « bodyline ». Il en existerait trois : les ectomorphes (longiligne), les endomorphes (corpulent) et enfin les mésomorphes (muscles). Ainsi, selon ces critères, Will smith serait un ectomorphe, Prince un mésomorphe et Louis Armstrong serait plutôt endomorphe. Ces mêmes lignes du corps s’appliquent également aux femmes. Bien entendu, dans le show business, la lutte est permanente et les logiciels de transformation physique comme Photoshop, permette de sauver la face. Auriez-vous déjà vu un homme célèbre avec des boutons de barbe ? Même les paparazzis n’arrivent pas encore à publier ce type de clichés…
En plus de la retouche photo, certains vêtements et certaines couleurs sont utiliser pour « corriger » les silhouettes considérées comme "hors-normes ". Comme grand classique, nous avons les vêtements noirs, à porter de préférence sur le bas du corps pour les silhouettes endomorphes et mésomorphes, afin de leur faire gagner quelques centimètres. On peut préciser que le noir porté près du visage rajeunit les personnes matures, alors qu’ils peuvent vieillir ou donner un aspect plus sérieux aux plus jeunes (la chanteuse Rihanna, à peine vingt ans, en porte très souvent). Le rose et le vert ravivent le teint (encore qu’il faille choisir judicieusement le vert) et arrondissent un petit buste (Mariah Carey avant sa chirurgie). Les teintes beige, blanche et blanc cassé, près du visage, l’assagissent et lui donne un aspect plus équilibre, en mettant en avant un cou peu élancé (Oprah Winfrey) ou un buste de femme mûre (Tina Turner). Enfin, les teintes bleues, près du visage, resserrent la taille et ravivent, donnant un aspect glamour à une jolie peau (Aaliyah), et portées sur le bas du corps, affirme une maturité maîtrisée (Tracy Chapman, Whoopi Goldberg, Jennifer Lopez). Gardons en mémoire que notre analyse ne s’applique qu’aux critères d’esthétique occidentale contemporaine, auxquels se soumettent la plupart des stars ou célébrités noires.
Quand le vêtement ne suffit pas à supplanter une forme du corps difficilement « médiatisable »,il existe toujours le langage du corps ou « body langage ». Le langage du corps fait l’objet d’un véritable apprentissage chez les personnalités publiques, qui excellent dans l’art de théâtraliser leurs mouvements. Le showbiz américain aide outrageusement les stars dont la stature est menue (le groupe de chanteuses TLC). La position allongée, par exemple, crée artificiellement une impression de longueur des membres (Mariah Carey). Le port de short accentue le galbe des jambes et leur finesse (Toni Braxton). La perception et l’image que ces personnes cherchent à renvoyer d’elles-mêmes est travaillée, manipulée a l’extrême afin de satisfaire à l’industrie de l’image. Le régime est devenu la règle parmi les stars afro-américaines, qui il y a quelques années encore portaient leurs rondeurs sans le moindre complexe (Oprah Winfrey, Missy Elliot, Angie Stone).
Notons que la plupart des exemples cités sont américains, du fait de la pression et de l’impact terrible qu’un petit laisser-aller, peut avoir sur le développement ou la régression de leurs carrières. La gestion de son corps et de son image est dorénavant une carte de visite, une publicité ambulante et pesante qui nous poursuit, quelque soit la sphère d’activités dans laquelle nous évoluons.
Dans la même série :
Introduction à la morphologie des silhouettes et formes du corps. Part. 1 La science occidentale du Beau
Comment la colorimétrie s’applique… ou plutôt s’impose aux peaux noires ?
La colorimétrie. Sur la peau, la couleur, sous la couleur, une palette infinie de tonalités
La consommatrice noire et la stratégie du marketing cosmétique
Le « mix marketing » ou les principes du marketing moderne
Découvrez aussi :