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Le Calypso

Le Calypso. Le chant-parlé politiquement engagé !

jeudi 26 juin 2008 | par Praline

Le Calypso est un genre musical Afro-caribéen, né à Trinidad et Tobago au début du 20ième siècle. Ses racines remontent à l’arrivée des esclaves africains, déportés vers la Caraïbe entre le 17ième et le 19ième siècle.

N’étant pas autorisés à parler leurs langues, ces esclaves développèrent d’autres modes de communication passant essentiellement par le chant. Bien que d’origines diverses, allant des terres de l’Afrique de l’ouest à celles de l’Afrique centrale, Ces esclaves tissèrent un lien communautaire et identitaire fort à travers le chant-parlé. Il leur permit en particulier de faire survivre un pan de leurs cultures en dépit des bouleversements qu’a connu Trinidad et Tobago. L’île, comme beaucoup d’autres territoires de la Caraïbe, a connu successivement la colonisation française, espagnole puis britannique et leurs cultures spécifiques. Le calypso a constitué un élément de stabilité culturelle au sein de la population esclave, en dépit les diverses influences qu’elle a dû et su absorber.

On s’accorde à dire que le Calypso dérive du Kaïso, dont l’influence rythmique et le principe narratif sont dominants. Le Kaïso est un style musical originaire de l’Afrique de l’ouest, qui s’apparente dans la forme à un chant parlé pouvant se transformer en une joute verbale. Les paroles rythmées et échangées par les Kaisonians, sorte de troubadours, sont généralement porteuses d’un message politique fort. Le terme Kaïso vient du Haussa et traduit une exclamation ou une approbation comme « bravo ! ». Ce sens premier est aujourd’hui utilisé comme synonyme du Calypso ou comme label de ses chanteurs les plus authentiques.

C’est avec le carnaval que le Calypso prend toute son ampleur, car les compétitions de joutes verbales auxquelles les chanteurs de calypso se livrent durant cette festivité, deviennent de plus en plus populaires, tout particulièrement après l’abolition de l’esclavage en 1834. Pendant plus d’un siècle, le calypso a constitué la principale source d’information politique, sociale et économique des habitants de Trinidad. Considérées comme plus fiables que la propagande officielle des gouvernements successifs, les actualités véhiculées dans l’île par les chanteurs de calypso ont toujours été perçues comme une menace politique, car très écoutées dans les milieux populaires, chaque chanson faisant d’ailleurs l’objet de vifs débats entre journalistes, politiciens et personnages publiques. La politique coloniale britannique et la corruption politique ont longtemps été les principales cibles du calypso, dont le message contestataire a résisté à la répression policière et à la censure. Aujourd’hui encore, les Calypsonian se servent des lyrics du chant-parlé comme mode de libre expression pour aborder tous les aspects de la vie sur l’île.

Le calypso fut enregistré pour la première fois en studio en 1914 par les artistes Victor et Decca, qui inaugurent l’âge d’or de ce genre musical et sa diffusion à travers le monde. Il sera exporté par de nombreux artistes dont les précurseurs sont Attila the Hun, Roaring Lion et Lord Invader, puis Lord Kitchener, l’artiste de génie le plus illustre de la scène calypso, qui a poursuivi sa carrière musicale jusqu’en 2000. En 1944, le hit "Rum and Coca-Cola" d’Andrews Sisters, reprise d’une chanson de Lord Invader, devient un hit au Etats-Unis. Ce succès entraine très rapidement l’apparition d’un calypso plus commercial, dont le plus gros succès est le titre "Banana Boat Song", un chant traditionnelle jamaïcain déjà repris par Harry Belafonte en dans son album Calypso sorti en 1956. Cet album a été le premier à se vendre à plus d’un million d’exemplaire, faisant de l’acteur Harry Belafonte le plus célèbre représentant du calypso au Etats-unis.

Ce courant musical a connu d’autres grands succès parmi lesquels les hits internationaux : "Jean and Dinah" de Mighty Sparrow, "Jamaica" de Harold Arlen et Yip Harburg, une parodie du calypso "commercial" de Harry Belafonte. Le calypso compte parmi ses influences, le jazz, notamment dans ses mélodies à contretemps, ses improvisations et ses joutes verbales, visant à dénoncer violemment des problèmes sociaux ou provoquer ses ennemis. Ces impros ont notamment fait la célébrité de Lord Kitchener aka "The Grandmaster". Le calypso a, à son tour, influencé le Shuffle puis du Ska, apparus dans la Caraïbe à la fin des années 1950, et la Soca dans les années 70. Notons que le principe du Calypso, le chant-parlé, n’est pas sans rappeler le rap US, apparu dans les années 80. Aujourd’hui les compétitions de Calypso durant lesquelles s’affrontent hommes et femmes sont de véritables institutions dans plusieurs îles de la Caraïbe et les Calypsonian de véritables stars.

Quelques Calipsonyan fameux, pour ceux qui veulent découvrir ce genre musical :

Arrow , Atilla the Hun, Lord Beginner, Lionel Belasco , Mighty Bomber, Lord Cam , Calypso Rose, The Caresser , Chalkdust , The Charmer , Gerald Clark, band leader , Crazy , Cro Cro, The Original DeFosto Himself, Delamo , Mighty Dougla , Lord Executor , Walter Ferguson, Mighty Gabby , "King" Eric Gibson, The Growler, Grynner , Gypsy , Wilmoth Houdini , Lord Invader, Keskidee Trio , Lord Kitchener , Sir Lancelot, The Roaring Lion , Sam Manning , Brother Marvin , Lord Melody , Mighty Panther, Denyse Plummer , The Pretender, King Radio, Woman Smarter", Red Plastic Bag , Lord Relator , David Rudder , Scrunter , Lord Shorty , Small Island Pride , Mighty Sparrow , Mighty Spoiler, Black Stalin, Calypso Rose (la ‘Queen of Calypso’), Lady B, Lady Wonder, Singing Francine, Singing Sandra, Tigress

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