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Le Cameroun

Le Cameroun. 17 millions d’âmes et une mosaïque de plus de 200 groupes ethniques

dimanche 26 août 2007 | par Tshibwabwa Mua Bay

Population : 16,9 millions d’habitants (2005) Capitale : Yaounde Villes principales : Douala, N’kongsamba, Maroua, Garoua, Bafoussam, Kumba, Bamenda, Foumban Groupes ethniques : Fangs, Bamilékés, Bamouns, Doualas, Loumdous, Bassas, Peuls, Tikars, Mandaras, Makas, Chambas, Mbums, Haoussas Langues : Beti, Peul, Bamileke, Yemba-nwe, Ghomala, Bassa, Bamun Système politique : République Président : Paul Biya Monnaie : Franc CFA

La république du Cameroun est limitée au nord-ouest par le Nigeria, à l’est par le Tchad et la République centrafricaine, au sud par la République du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale, à l’ouest par le golfe de Guinée. Le Cameroun s’étire vers le nord jusqu’au lac Tchad, formant un triangle de 475 442 km² de superficie, reliant l’Afrique équatoriale à l’Afrique occidentale. La république du Cameroun compte dix provinces administratives. Au nord : Maroua, Garoua, Adamaoua ; à l’ouest : Bamenda, Buéa, Bafoussam, Douala ; au sud : Yaoundé, Bertoua, Ebolowa. La capitale administrative du pays est Yaoundé. Douala, est situé dans l’estuaire du Wouri à près de 50 km de l’océan. Autour, une zone marécageuse où pêcheurs et oiseaux se partagent la richesse de la mangrove. Ville la plus peuplée, elle est la capitale économique du Cameroun, profitant de sa position stratégique de grand carrefour tant portuaire que ferroviaire, aérien et routier.

Le Cameroun compte près de 300 langues diverses, car elles se caractérisent par un enchevêtrement de langues des familles nigéro-congolaise, nilo-sahariennes, bantoues et chamito-sémitiques. Cependant les principales langues véhiculaires camerounaises sont : le fulfuldé ou peul qui est en usage dans tout le Nord (à l’exception du Logone-et-Chari où domine l’arabe), le béti et le bassa dans le Centre-Sud, le boulou et le pidgin-english dans l’Ouest et sur le littoral, chacune dépassant aujourd’hui les trois millions de locuteurs. On utilise aussi l’éwondo dans la banlieue de Yaoundé et le douala sur la côte.  Le pidgin-english, également très répandu, est une sorte de créole comparable à ceux utilisés aux Antilles, mais il est surtout pratiqué en pays bamiléké, ainsi qu’à Douala où le cosmopolitisme de la ville a imposé cette langue véhiculaire dans les transactions commerciales. On peut même affirmer que le pidgin-english demeure la langue la plus parlée dans le pays, car elle sert de langue véhiculaire dans les deux provinces anglophones et dans les provinces francophones de l’Ouest et du Littoral. On peut mentionner également une variété de pidgin appelée camfranglais. C’est une sorte de franglais camerounais argotique tiré du français, de l’anglais, du pidgin-english et d’autres langues locales. Ce parler connaît une dispersion et une pénétration sociales importante au Cameroun, mais il demeure surtout un parler de jeunes entre amis ou familiers.

Pour une population d’environ 16 millions d’âmes, le Cameroun est l’un des pays d’Afrique qui concentre la plus grande diversité ethnique. On comptabilise pas moins de 240 ethnies, réparties en trois grands groupes (Bantous, Nilo-Bantous, Soudanais). Les plus représentatives sont : Pygmées, Bantous (Béti, Bassa, Bakundu, Maka, Douala, etc.), Nilo-Bantous (Bamiléké, Gbaya, Bamoun, Tikar, etc.), Soudanais (Foulbé, Mafa, Toupouri, Arabes-Choas, Moundang, Massa, Mousgoum, etc.) Au point de vue numérique, les principaux groupes ethniques sont les Fangs (19,6 %), les Bamilékés et les Bamouns (18,5 %), les Doualas, les Loumdous et les Bassas (14,7 %), les Peuls (9,6 %), les Tikars (7,4 %), les Mandaras (5,7 %), les Makas (4,9 %), les Chambas (2,4 %), les Mbums (1,3 %) et les Haoussas (1,2 %). 

Le nord du Cameroun (du lac Tchad à la province de l’Adamaoua, comprenant les provinces Extrême-Nord, Nord et Adamoua) est dominé par les Peuls musulmans, appelés Foulbé, dont les chefferies détiennent dans le pays une position politique dominante. Ils se sont faits depuis plusieurs siècles les principaux propagateurs de l’islam. Parmi les autres ethnies musulmanes du Nord on peut également citer les Choas, les Kotokos, les Kapsikis, les Massas, les Mousgoums, les Toupouris, les Mafas, les Guizigas, les Komas, les Mboums, les Falis, les Saras, les Haoussas, les Bayas, etc. Mais il existe dans cette région, des populations animistes dites kirdi (« païennes »), qui ont généralement échappé à l’islamisation.

Le Sud du pays est le territoires des ethnies bantoues (Doualas, Bétis, Atons, Bassas, Bafias, Boulous, etc.), mais les régions forestières du Sud-Est n’abritent guère que quelques communautés de pygmées. À la différence du Nord et de ses puissantes chefferies, on n’a pas encore recensé, à ce jour, de grandes organisations dans le Sud, mais plutôt une fragmentation de l’autorité à l’échelle des familles, des lignages et des clans. Dans les régions côtières, les populations, notamment les Doualas, sont entrées tôt en contact avec les Européens et ont été scolarisés par les missions chrétiennes. Par la suite, ils ont constitué une part importante des élites camerounaises qui ont pris la relève du pouvoir colonial. Paradoxalement, le premier président de la République, Ahmadou Ahidjo, était nordiste, foulbé et musulman.

Dans l’Ouest, on trouve surtout les Bamouns et les Bamilékés, un peuple qui doit sa notoriété à son dynamisme économique et à son expansion spatiale. Les Bamilékés ont fait du port de Douala la capitale économique du Cameroun. Ces peuples sont majoritairement convertis aux religions chrétiennes, mais les Bamoums sont en partie islamisés. La région de l’Ouest se caractérise aussi par un héritage colonial qui en a fait une région partiellement anglophone (les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) au sein d’un État majoritairement francophone. Le Cameroun est un état laïc, qui compte cependant, 34,7 % de catholiques, 17,5 % de protestants, 21,8 % de musulmans, et 26 % de la population est resté fidèle aux religions traditionnelles.

- Fig. 4,5,6. Poluations du Nord du Cameroun

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