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Le Dossier de la Rédaction

Barack Obama : de son aura, de sa rhétorique, de son image, de sa négritude et de son programme

lundi 1er septembre 2008 | par La Rédaction

Le premier dossier de la rentrée est un article collectif consacré au très médiatique Barack Obama, et rédigé par les membres de la Rédaction. On a eu envie d’analyser le candidat à l’élection présidentielle américaine, sous différentes coutures, histoire de sortir des sentiers battus. Le portrait tout en nuances d’un symbole et d’un personnage qui, quoiqu’il arrive, aura marqué les esprits.

2004, Naissance du phénomène Obama. Par Mbépongo aka Dédy Smith

C’est dans le cadre de la course à la présidence que la plupart d’entre nous avons découvert le personnage de Barack Obama. Tout le monde connait son histoire personnelle et familiale, mais il est difficile de saisir d’où vient l’élan autour de sa personne sans regarder plus en arrière dans le débat politique américain. Pourquoi tant d’Américains (blancs comme noirs) projettent-ils un espoir (peut-être démesuré) en lui ?

Le moment fort qui va donner naissance au mouvement « Yes we can » est le discours qu’il tiendra au cours de la convention annuelle du parti Démocrate en 2004, alors qu’il était en lice pour devenir le nouveau sénateur de l’Illinois. C’est au cours d’une soirée de récolte de fond que John Kerry, l’homme fort du parti démocrate, comprend que la force de conviction et les qualités hors-pair de ce quasi inconnu (au niveau national et international) « jeune homme » de 42 ans, pourrait être un moyen d’apporter un nouveau souffle au parti. David Mendell du Chicago Tribune précise que : « le parti démocratique était à la recherche d’un candidat issu des minorités, avec du charisme, un nouveau visage que le parti pourrait mettre en avant, en prime-time ».

Nous y sommes le 27 juillet 2004, Boston, à la convention annuelle du parti Démocrate. Barack Obama est donc choisi pour ouvrir le bal et donner les grandes lignes du parti Démocrate. Ce discours sera sa chance de se présenter au monde entier. Le succès est au rendez-vous, et il allait être l’acte fondateur de sa carrière politique, voici ses premiers mots :« Cette soirée est un grand honneur pour moi, parce que ma présence sur cette scène est assez improbable sur bien des points. Mon père était un étudiant étranger , Il est né et a été élevé dans un petit village au Kenya... Je me tiens face à vous en sachant que mon histoire est proche d’une grande partie de nos concitoyens... il n’existe pas d’autres pays où mon histoire aurait été possible... »

Les premières minutes de ce discours sont un électrochoc pour l’audience, et toute l’Amérique derrière son écran de télévision. Il poursuit ainsi : « mes parents ne partageaient pas qu’un amour impossible, mais avaient foi en toutes les possibilités de cette nation... C’est l’espoir des esclaves assis autour du feu entonnant des chants de liberté, l’espoir des immigrants..., l’espoir du petit garçon chétif avec un nom bizarre, qu’il y a une place pour lui en Amérique... pour le bien de tous nous devons éradiquer les clichés comme le fait qu’un jeune noir avec un livre se pend pour un blanc et nous le savons... il n’y a pas d’Amérique blanche noire, hispanique, asiatiques, conservateur ou républicain mais une seul Amérique... nous sommes un ».

Dans un pays qui s’est toujours focalisé sur la différence, ce discours a apporté une forme d’espoir, une volonté d’unité nationale au-delà de groupes ethnique et des partis politiques. Cela faisait très longtemps qu’un discours politique n’avait eu une portée aussi globale aux Etats-Unis.


Obama et son Economic-stimulus plan. Par Stella Ayoko Dosseh

En matière d’économie, le sénateur Barack Hussein Obama se défend avec brio. Conscient que la situation économique des Etats Unis est cruciale pour ses électeurs (78% des américains pensent que les Etats Unis vivent un désastre économique), il fait de cette question une priorité dans son programme, ce qui s’intensifie ces derniers jours. Sujets brûlants : la fiscalité, les mesures énergétiques, la sécurité sociale. Il aborde tous ces sujets avec une approche originale, pragmatique, claire et surtout non idyllique. Ainsi en ce qui concerne les mesures énergétiques, il fait clairement comprendre à ses électeurs que pour réduire la facture énergétique et la dépendance américaine en pétrole (les Etats Unis produisent 3% du pétrole mondial mais enregistrent près de 25% de la consommation pétrolière mondiale) il faudra faire des sacrifices ; l’industrie automobile sera soutenue dans l’introduction de voitures moins consommatrices d’énergie. Mais le sacrifice passe aussi par les consommateurs qui auront pour « mission » d’acheter ces dites voitures afin de soutenir par là même l’économie américaine.

Toutes les mesures avancées passent ainsi par un « effort national », l’idée d’unité est très souvent soulevée. Le sénateur Barack Hussein Obama annonçait dans son plan de stimulation économique une injection de 75 milliards de dollars dans l’économie, ce plan vise à aider les agents économiques touchés à se relever de la crise des subprimes, de la hausse des cours du pétrole et du gaz, pour créer des emplois et soutenir les recherches et l’introduction de sources d’énergie renouvelables. A ces mesures à court terme, se mêlent des mesures plus prospectives sur le mode de vie américain à l’origine de cette situation économique désastreuse : l’utilisation de la carte de crédit à outrance, une législation plus serrée, régulation vis à vis de l’industrie à l’origine de la crise des subprimes, les sources d’énergies à dispositions, le développement économique qui passe par l’accès à tous aux technologies de l’information et des communications.

Toutes ces mesures ont un coût, bien évidemment. Car il est facile d’exposer ses mesures mais comment le sénateur Obama compte t’il réunir les fonds nécessaires à l’application de son programme économique ? Le candidat ne s’en cache pas, s’agissant de ces mesures à court terme ( Economic-stimulus plan), il déclare à haute voix que le budget de l’Etat ne sera pas équilibré, autrement dit un creusement du déficit public américain. Sa politique économique pourrait s’avérer payante sur le long terme cependant car en injectant des liquidités dans les poches des consommateurs, notamment de la classe moyenne, en relançant l’emploi, c’est bien l’économie américaine qui est soutenue.

On reproche souvent au sénateur son manque d’expérience. En regardant de plus près ses accomplissements de l’année passée, il a l’étoffe d’un leader. Il a fait de nombreuses propositions sur le réchauffement climatique, sur la prolifération nucléaire, le financement des campagnes politiques et le lobbying, la pauvreté dans le monde, l’éducation, la sécurité sociale et l’énergie pour ne citer que les sujets courants. Parmi ces amendements, plus d’une vingtaine sont déjà passés, le sénateur comprend les sujets économiques qui touchent son pays et convaincs le Sénat.


Obama, les Cainris ont la parole Par Soulstar

Courtney Perry, 24 ans Etudiante
William Satterwhite, 29a ns Artiste
Rachael Hampton, 33 ans Professeur

1) Qu’attends-tu du candidat Obama ?
Courtney : J’attends de lui s’il est élu, de faire le maximum pour le peuple. De mettre fin à la guerre en Irak, qu’il s’occupe des problèmes dans les foyers particulièrement en réhabilitant notre économie et en nous aidant à rebondir sur le taux de chômage.

William : Obama a évidemment adopté un thème de changement et sur le papier c’est très inspirant. McCain ne semble pas vraiment avoir beaucoup de thème du tout, mais je m’attends à ce qu’il adopte la carte d’expérience qu’Hillary a utilisée. En fait, pour plaisanter avec mes amis on se dit que McCain pourrait juste remplacer son nom et image avec la sienne et utiliser toutes ses vieilles annonces.

Rachael : Il y a plein de choses à mettre en place au niveau de la santé, de la sécurité sociale, de l’emploi... Depuis que Bush est président, il a détruit plein de trucs. Par exemple, il y avait l’affirmative action mis en place par Kennedy, et il a détruit estimant qu’il en avait plus besoin. Il faudra un grand nettoyage quoi !

2) Si Hillary Clinton était passée voterais-tu toujours démocrate ?
Courtney : Pas vraiment, je ne pense pas qu’elle serait la personne requise pour le poste de président. Son vrai personnage a été dévoilé durant la campagne… elle joue trop salement.

William : Non, pas du tout ! Hillary Clinton (tout comme son mari) est la pire sorte de politicien. Celle qui pense qu’elle est plus grande que le système et les règles.

Rachael : Pas forcément parce que je n’aime pas le caractère d’Hillary et c’est une grosse menteuse. On dirait une communiste cachée. Elle n’est même pas présidente, mais il y a déjà des gens qui ont perdu leur emploi à cause d’elle. De plus elle attaquait sans cesse Obama, je comprenais pas pourquoi elle cherchait constamment à le détruite. Je trouve qu’il y a quelque chose de malsain chez elle.

3) Quel est selon toi l’impact d’Obama sur les Afro-américains ?
Courtney : Oui il y en a un, il semblerait que beaucoup de jeunes gens discutent de politique et des droits de vote. C’est vraiment encourageant de les voir prendre leurs responsabilités civiques au sérieux.

William : Oui, il a stimulé les gens qui n’ont jamais pensé qu’ils avaient une voix que l’on pourrait entendre et a repris le même esprit de la communauté. Il dit que nous pouvons changer des choses et faire des choses mieux, qui sont très puissantes et je respecte ce message

Rachael : Au niveau de l’impact ca montre que si lui peut réussir d’autres peuvent aussi le devenir.

4) Qu’est-ce que tu n’aimes pas chez Barack Obama ?
Courtney : Eh Bien ... Je ne suis pas sure de sa position sur les questions de foi, parce que l’église où il avait l’habitude d’aller a été examinée de près et me laisse perplexe.

William : Il est libéral et ceci pour tous ses messages optimistes, sa politique réelle sera juste une extension de grand gouvernement « imposer-et-dépenser », libérale classique. Je l’aime comme un porte-parole du Rêve américain, mais je pense que sa politique fera en fin de compte plus de mal que de bien.

Rachael : Il faut que je connaisse bien sa politique, j’en saurais plus s’il est élu. Pour le moment je n’aime pas trop son caractère mais je l’ai trouvé le plus correct parmis les trois (hillary et McCain)

5) Si Obama était blanc, voterais tu pour lui ?
Courtney : Pourquoi pas ? Probablement... il paraît être un candidat solide. Même si je pense que, inconsciemment sa couleur de peau joue beaucoup, ce n’est pas l’ultime facteur.

William : Non, pas du tout. La noirceur d’Obama et son désir d’élever la communauté noire sont les seules qualités qui me parlent vraiment, autrement il pourrait être une sorte de John Edwards.

Rachael : Oui, c’est pas une histoire de couleur, c’est pas vraiment ça. Si Hillary était noire, au niveau de son caractère sa politique, je n’aime pas du tout. Et Obama n’est pas le seul Noir à vouloir se présenter, il y avait Jesse Jackson par exemple.


Obama-drop-rule. Par Tshibwabwa Mua Bay

Quand on parle d’Obama, on parle d’abord de sa couleur, qui semble bien plus déterminante dans son parcours politique et sa percée médiatique, que son programme économique, par exemple. Pour tous, il est le « premier homme noir » a pouvoir atteindre la Maison Blanche. La « Négritude » d’Obama, fait l’unanimité, que ce soit dans les médias occidentaux ou les médias africains et communautaires. Le candidat Obama est devenu, de part sa portée médiatique, emblématique d’une question raciale qui sous-entend un déni total, de la part des Blancs, et affirme une identification tout aussi absolue, de la part des Noirs. Le discours qui en découle semble admettre la théorie raciste anglo-saxonne du « One drop rule » comme un postulat.

Plus qu’une théorie, il s’agit d’une loi, dite « Jim Crow », du nom de son législateur. Elle a été promulguée aux Etats-Unis au début du 20ième siècle (mais sa pratique remonte à la période de l’esclavage), et instituée pour la première fois par l’Etat du Tennessee en 1910. Cette loi dit que toute personne portant une goutte de sang africain, aussi infime et invisible soit elle, doit être considérée comme « Noir », sauf si celle-ci possède dans sa généalogie d’autres ancêtres que Blancs, comme des Amérindiens ou des Asiatiques. Autrement dit, si une personne métisse possède dans sa filiation des ancêtres Indien cherokee, Africain ghanéen et Blanc irlandais, il a le droit de revendiquer les 2 premiers mais pas le troisième, même si le « sang irlandais » est dominant dans son ascendance. Selon le « One drop Rule », Maria Carey est donc aussi « Noire » qu’Alec Wek. Le but de cette loi était d’empêcher les Noirs de « franchir la barrière raciale » via le métissage, et surtout de préserver la « pureté » et l’homogénéité de la race blanche, qui ne peut en aucun cas être métissée, au contraire de la race noire.

La notion de « Négritude » à l’américaine est donc avant tout un concept idéologique qui n’a rien à voir avec la réalité biologique. Bien que fondatrice des lois ségrégationnistes de Jim Crow, elle n’a jamais été remise en cause aux Etats-Unis, ni par les Blancs, ni par les Noirs. Aujourd’hui toutefois, cette loi quasi-séculaire ne semble plus d’une évidence immuable pour tous les Américains. Parmi les Afro-américains , des voix discordantes se font de plus en plus entendre, dénonçant notamment le « one drop rule », qui sert l’hypocrisie des médias Noirs, dont la politique consiste à toujours mettre en avant les « Noirs les plus Blancs », au prétexte de la « milli goutte de sang » qui coulent dans leurs veines. Ainsi les expressions « Bi-racial », « multi-racial » ou « mixed race person » s’installent peu à peu dans le langage courant, tout particulièrement sous l’influence des populations latino-américaines dont le métissage est totalement assumé. Pourtant le consensus reste de rigueur, tout particulièrement autour de la personne de Barack Obama. Le « symbole » est trop séduisant, pour les Blancs progressistes, pour les Noirs en mal de représentativité, pour le monde entier.

Le débat n’en fait pas moins rage, entre ceux qui rappellent qu’Obama est un Métis, aussi Noir que Blanc, et ceux qui estiment la négritude d’Obama incontestable. La violence des réactions est proportionnelle à la dimension du personnage. Qui a tort ? Qui a raison ? Au fond peu importe, car ce qu’il est surtout important de noter, c’est que les Noirs n’ont pas du tout une notion claire et unanime de leur propre identité. A la lumière des lois Jim Crow et de l’idéologie du « one drop rule », il ne serait pas inutile de rappeler que c’est peut-être parce qu’ils ne l’ont pas « construite » eux-mêmes…


Obama a-t-il la « baracka » des tabloïdes anglais ? Par Mamzelle Sanaa

Polygamie, alcool, violence, extrémisme religieux : ceux sont toutes les bonnes choses qui font de Barack Obama le candidat number one selon les médias au Royaume Uni. Bien sûr la presse communautaire le voit d’un autre œil...

Qu’est ce qu’on y apprend ? Comme partout que c’est son père d’origine kenyane qui l’a inspiré à devenir homme politique. Son livre : « Dreams of my father », village : Nyangoma Gogela. Son père : un homme à femmes. On sait que son père part à l’âge de 23 ans a l’université d’Honolulu dans la quelle il rencontre une étudiante américaine Ann, et Barack Obama Junior né de cette union en 1961.On voit le coté tabloïde car la jeune étudiante blanche est décrite comme naïve face a l’homme noir. On lui reproche sa polygamie et son abus d’alcool, l’amenant à des comportements violents envers ses partenaires. En effet, il meurt à l’âge de 40 ans, d’un accident de voiture. Barack Obama est le second fils d’Obama Senior et fait partie d’une fratrie de 8 enfants de quatre mères différentes. On lit dans l’article qu’Obama était hanté par l’image de son père car sa mère l’avait décrit autrement. Les demi-frères et sœurs Obama restés au Kenya sont décrits comme vivants dans des huttes sans électricité, et eau potable.

En faisant le tour des médias communautaires on se rend bien compte du soutien de la communauté afro britannique et un parallèle avec une situation similaire mais cette fois ci pour un poste de Prime minister est posé par la Parlementaire Diane Abott dans l’hebdomadaire de référence Voice du 5 Mars 2007. On y retrouve un constat pessimiste mais qui semble propre a la diaspora afro européenne la recherche d’un leader est quasi impossible et c’est le manque d’unité de la communauté qui est cité comme principale raison.

La parlementaire fait aussi référence à un éveil politique chez les Afro-américains quasi obligatoire due dans les années 60 et qui marqué par les civil rights et les émeutes qui s’en sont suivies. Les premières figures politiques qui se démarquent sont Martin Luther King, Malcolm X, et les Black Panthers. Elle n’oublie pas aussi de mentionner le révérend Jesse Jackson qui est le premier Afro-américains à représenter le parti démocrate lors d’élections présidentielles. Des figures politiques qui ont aussi comme point commun leur forte implication dans les églises protestantes considérées comme des forts lobbies en tant de rassemblement politique. On note par exemple qu’Obama avait réussit a rassembler plus de 150000 nouveaux électeurs lors des élections pour Clinton en 1992. Un élément déterminant difficile d’établir en Grande Bretagne du au manque d’unité religieuse. La parlementaire termine son constat par le filtrage effectué au sein même des partis. Elle évoque dans son cas pour le parti travailliste de tentatives de caucus noirs et indiens en 1987. Tentative échouée car a la tête de ce caucus les leaders du parti décidèrent d’y mettre à la tête un membre du parti, mais blanc...


Obama, un look... Par Christelle Kedi

Grand et élancé, de type ectomorphe, Barack Hussein Obama, né un 4 Aout, est un homme de passion, de discipline et de détermination. S’il est aujourd’hui le candidat à la présidence Américaine le plus médiatisé, c’est qu’il est par son physique, déjà remarquable. Un port de tête contrôlé, des cravates bien nouées et souvent rayées, Obama est un homme de détails, du détail. Un homme radical, un homme positionné. Son intervention lors de la convention démocrate qui s’est récemment déroulée à Denver, Colorado, à été un des éléments les plus révélateurs de l’état d’esprit du candidat “de la gauche” Américaine. Sa cravate rayée rouge avait pour fonction de rappeler le drapeau de son pays. Par la même occasion son conccurent John McCain portait lui-même la même cravate en bleue… La seconde fonction de sa cravate trahissait son intention très vive de conquérir la totalité des votes féminins des mégalopoles : le rouge est la couleur offrant le plus de réaction, l’œil humain l’associe à la nourriture (restauration rapide représentée par un clown, un grand-père a lunettes…), à la sensualité (rouges a lèvres, vernis) et à la vie (sang, rose rouge). Toutes ces notions font parties intégrantes de la vie d’une femme qui devrait idéalement se reconnaître en ce représentant de gauche qui revendique des idéaux “rouges” : qui leur parle de leurs fils morts pour la patrie.

Enfin sa cravate rouge rayée, le renvoyé à sa famille : son épouse Michelle et leurs deux filles qui elles-mêmes arboraient la même couleur : unité dans la famille, passion pour sa progéniture et probablement pour sa compagne. Rouge avec des rayures blanches afin de rappeler l’origine de son sang (il est né d’une femme blanche de la classe moyenne américaine hautement qualifiée). C’est un homme qui contente la classe moyenne américaine blanche qu’il a déjà convaincu : par conséquent il se doit de défendre les valeurs de ce groupe social qui l’a forgé dans son identité politique. Malgré ce sincère engouement pour les siens, Obama est un homme sous pression : il fume, il arbore avec aisance des costumes noirs dans des matières consistantes qui lui permettent d’asseoir son autorité : noir comme son père, première figure masculine de sa petite enfance. Noir comme l’absence de clarté, l’unité de toutes les couleurs excepté le blanc : Noir comme la soutane du pasteur Protestant qui l’a baptisé jeune. Noir car un teint grisâtre à cause du tabac, est facilement compensable par le port d’un contraste immédiat : cravate/chemise et costume en teintes neutres.

La maîtrise de son impact visuel doit être totale. Stratégiquement « Noir », Obama est un homme qui porte des chemises blanches aux cols pointus et angulaires qui reflètent les principaux traits de sa personnalité : l’ambition, la planification, le contrôle. C’est un homme qui déchante les minorités ethniques désavantagées des mégalopoles américaines. C’est un homme de principes et de terrain : un de ces individus qui perpétue le rêve Américain : Etre noir est un accident et être américain est un choix. De surcroit, il mettra volontiers du bleu dans ses tenues décontractées afin de mieux se différencier : l’élitisme est un absolu, une finalité et une réalité pour cet Américain d’âge moyen. Obama, homme de couleur, citoyen d’honneur, démocrate dans ses valeurs demeure un de ces personnages généreux qui ont la communication facile, mais qui sourit incessamment afin de briser cette coté (absolument naturel) hiératique et froid. Serait-il encore un de ces politiciens américains qui séduisent pour mieux régner ? Un nouveau Kennedy en d’autres termes…C’est en novembre que nous le découvrirons.


Obama et les livres. Par Stella

On se doute bien que l’arrivée d’un homme noir en politique aux Etats-Unis a généré un grand nombre d’écrits en France. Ben, pas tant que cela ! Un petit tour à la FNAC pour s’en apercevoir : 11 livres plus ou moins proche de Barack Obama placé au milieu de grandes légendes tels Martin Luther King ou Malcolm X. Car quelque soit le résultat des élections, l’irruption de Barack Obama sur la scène politique américaine représente déjà un moment historique ! Aux Etats-Unis, contexte électoral oblige, les livres sur Barack Obama sont plus nombreux et on en prévoit encore un bon nombre, on peut déjà citer les 2 Biographies écrites par Barack Obama lui-même : The Audacity of Hope : thoughts on Reclaiming the American Dream Dreams From My Father : A story of Race And Inheritance. Ces 2 biographies sont évidemment traduites en français.

Mais il y a aussi entres autres : L’Amérique de Barack Obama, de François Durpaire et Olivier Richomme. Obama, le roman de la nouvelle Amérique, de Audrey Claire. De la race en Amérique, Edition bilingue français-anglais qui reprend un grand discours de Barack Obama écrit par Barack Obama et François Clémanceau. L’écrit papier sur ce qui se passe aux Etats-Unis n’est actuellement pas dense en France mais sur le web, les commentaires d’internautes, les blogs ou sites qui mentionnent Barack Obama ne se comptent plus. Trop pour certains, pas assez pour d’autres ! Quoiqu’il en soit, il mobilise actuellement l’e-écriture bien plus importante qu’une écriture littéraire proprement dite. La tendance pourrait soit s’inverser, soit s’équilibrer dans les mois à venir ! En effet, la période estivale est généralement calme dans le secteur littéraire mais tout le monde souhaite profiter de l‘Obama Mania ! De nombreux ouvrages pourraient paraître : Obama sera observé, analysé, et même décortiqué par les grands littéraires ou les pseudo-écrivains. Il sera critiqué ou encensé. Mais dans tous les cas, il fera parler de lui !Dans le monde littéraire américain, il a déjà reçu le soutien officiel de Toni Morrison, grande écrivaine noire américaine et prix Nobel de littérature.

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