Afrodescendants : 40 % de Noirs Capitale : Paramaribo Population : 436 935 habitants (2004) Autres groupes : Hindoustanis (Hindous) 37%, Javanais 14%, Amérindiens 3% Langue majoritaire : Créole Système politique : République Superficie : 163 000 Km² Monnaie : Florin du Surinam
Situé tout au nord du Brésil, le Surinam est limité à l’ouest par le Guyana, à l’est par la Guyane et au nord par l’océan Atlantique. Le Surinam est le plus petit État d’Amérique du Sud, avec seulement 163 000 km². Se situant dans l’aire géographique de la grande forêt amazonienne, le Surinam est boisé à 96 %, la population vivant généralement sur le littoral. La capitale du pays est Paramaribo. Le pays est divisé en dix districts : Brokopondo, Commewijne, Coronie, Marowijne, Nickerie, Para, Paramaribo, Saramacca, Sipaliwini et Wanica.
La population noire du Surinam est formée de Bosnegers ou « Noirs de brousse », autrement dit des descendants de Noirs marrons (9 %), et de Créoles (31%) également d’ascendance africaine, soit environ 174 774 individus. Le pays compte également de nombreux Indiens originaires de l’Inde appelés Hindoustanis (37 %), de Javanais (14 %), de Chinois et de Japonais (3 %), de Métis, d’Amérindiens (3 %). La population noire du Surinam parle trois types de créoles : le Sranan tongo , le créole guyanais originaire de Guyana, et le Saramakan .
Le Suriname est une démocratie établie par la constitution de 1987. Le corps législatif est l’Assemblée nationale, composée de 51 membres élus tous les cinq ans. Le Suriname est membre de la Communauté et marché commun des Caraïbes (Caricom). L’économie du Surinam repose sur ses minerais : bauxite (3 millions de tonnes) et or (10 tonnes) ; ses fortes capacités hydroélectriques permettant la production d’aluminium (1 500 000 tonnes) ; son agriculture : riz, canne à sucre ; ainsi que l’exploitation forestière.
Avant l’arrivée des Européens, le territoire correspondant aujourd’hui au Surinam était peuplé de tribus Amérindiennes, Arawaks et Caraïbes. En avril 1594, L’Espagne colonisa officiellement le territoire. Cependant, les Conquistadores accordèrent peu d’intérêt à la région. Les Guyanes furent ainsi livrées aux aventuriers européens, qui pratiquèrent le troc avec les Amérindiens et les rafles parmi les populations autochtones pour les emmener travailler dans les colonies des Antilles. Le territoire lui fut cédé en 1652 aux Anglais.
Après avoir réussi à chasser, entre 1637 et 1641, les Portugais d’Afrique occidentale en prenant les forts négriers de Elmina (Ghana), de Luanda (Angola) et de São Tomé, les Hollandais organisèrent à leur profit leurs propres réseaux de la traite négrière (jusqu’en 1863, au moment de l’abolition de l’esclavage). Avec la création de la première Compagnie des Indes occidentales en 1621, les Hollandais s’arrogèrent le monopole de la traite pour le compte des Espagnols et, dès 1634, colonisaient déjà les îles antillaises de Saint-Martin, Saint-Eustache, Aruba, Bonaire et Curaçao.
Pendant toute la période de colonisation, les Hollandais déportèrent des Africains et les exploitèrent dans leurs plantations de café, cacao, indigo, coton, canne à sucre, etc.. L’esclavage au Suriname est connu pour avoir été l’un des plus rudes et des plus violents de l’époque coloniale. Le système esclavagiste hollandais n’était pas très différent de celui pratiqué par la France, qui avait imposé à ses colonies le fameux Code noir de 1685. Mais cela n’a jamais dissuadé les fuites et les rébellions d’esclaves qui ont jalonné toute l’époque coloniale. Les esclaves fugitifs, appelés les Marrons remontaient à la source des fleuves dans les forêts tropicales éloignées du littoral, et s’établissaient dans des villages autonomes, afin de vivre comme leurs ancêtres.
C’est en raison de leur mode de vie en forêt qu’on les appelle aujourd’hui les « Bush negroes » ou « Bosnegers » (ou « nègres des bois » ou « nègres de brousse »), ou encore « Bushi-Nengé » (ou Bushinengués). Les Bosnegers vivent maintenant sur les rives du fleuve Maroni, qui délimite la frontière entre le Surinam et la Guyane française. C’est pour cette raison que les Bosnegers préfèrent être appelés « Riviermensen » ou « gens du fleuve » . Ils constituent, avec les Amérindiens et les premiers habitants originels du pays.
Les Hollandais abolirent l’esclavage le 1er juillet 1863. En 1922, la Guyane devint partie intégrante du territoire des Pays-Bas, puis en 1948 le nom de Guyane hollandaise fut remplacé par celui de Surinam.De nombreux partis politiques, représentant les groupes créoles, bosnegers, hindoustanis, indonésiens, chinois et européens, furent fondés afin d’exiger plus d’autonomie par rapport aux Pays-Bas.
Le Surinam obtint son indépendance le 25 novembre 1975. Le Surinam fut doté d’une constitution de type parlementaire. Henck Arron, un homme politique d’origine créole, devient alors premier ministre du nouveau pays, tandis que Johan Ferrier accéda au poste de premier président de la République. Les 300 militaires néerlandais quittèrent le Surinam.
Fig.1 Groupe de jeunes filles Saramakan du village Asidonopo dans la forêt du Surinam, descendantes de Marrons
Fig. 2 Population Créole du Surinam
Fig. 3 Jeunes Djuka, descendants de Marrons.
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