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Le rastafarisme : de la doctrine au business

Le rastafarisme : de la doctrine au business, du mouvement religieux au phénomène de mode

vendredi 21 décembre 2007 | par Maryline Bella

Tantôt considéré comme une religion, tantôt comme une philosophie ou encore comme un fléau parce qu’associé à la drogue, à la délinquance et à l’homophobie, le rastafarisme s’est considérablement développé dans les pays occidentaux depuis ces dix dernières années, grâce au développement du reggae-dancehall.

Simple phénomène de mode ou réel engagement ? Quels en sont les tenants et les aboutissants ? Peut-on parler d’un vrai mouvement rasta dans des pays comme la France ?

Le mouvement « rastafari », qui tire son nom de l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié Ier – empereur de 1930 à 1974 – né Ras Tafari (Ras pour « seigneur » et Tafari pour « celui qui sera redouté »), est un mouvement religieux qui trouve ses racines dans le christianisme. Doit-on le considérer comme une religion ou une philosophie ? Libre à vous de répondre à cette question.

Les acteurs du mouvement. Après l’abolition de l’esclavage, les conditions de vie en Jamaïque sont très difficiles. Les noirs n’ont pas le droit de vote et ne peuvent accéder à la propriété, à l’éducation et aux soins. C’est dans ce contexte que naît un mouvement de contestation et de rébellion. L’un des héros de cette période est Paul Bogle, diacre de l’Eglise baptiste jamaïcaine – respecté par tous les rastas et chanté par beaucoup d’artistes dont Bob Marley – qui sera pendu en 1865 pour avoir voulu s’interposer entre des policiers et un homme ayant crié dans une salle d’audience.

Mais c’est au début des années 1930 que, le mouvement rasta va prendre corps, à la suite du couronnement de l’empereur Hailé Sélassié Ier, dit le « Lion de la Tribu de Juda », « Elu de Dieu et Lumière de l’Univers ». Marcus « Mosiah » Garvey (Mosiah en référence à Moïse, le libérateur), considéré comme le premier prophète rasta, annonce – lors de son discours prononcé en 1916 avant son départ pour les Etats-Unis – le couronnement d’un roi d’Afrique, descendant du Dieu d’Ethiopie, qui pourrait être « le rédempteur », c’est-à-dire celui qui mettrait fin à la souffrance du peuple noir et qui lui permettrait de retourner en Afrique, la terre de tous les Noirs du monde. Parce qu’il est couronné « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs », comme le Christ ressuscité dans la Bible, l’empereur représente « le messie » envoyé par Dieu pour libérer le peuple noir de ses souffrances, ce qu’avait également annoncé en 1924, le révérend James Morris Webb.

Mais le premier vrai rasta est le jamaïcain Léonard Percival Howell, « The Gong », fondateur de l’Ethiopian Salvation Society (première confédération rastafarienne) qui crée en 1940, la première communauté rasta, le Pinnacle (100 personnes), installée dans l’est de l’île près de Spanish Town et qui vit du commerce de la ganja. Howell y réunit les travailleurs indiens venus sur l’île pour remplacer les esclaves dans les plantations. Il adopte un régime végétarien et prône l’utilisation d’encens, d’incantations et d’herbe pour « s’élever » spirituellement. Très vite d’autres personnes se joignent au mouvement, des pauvres pour la plupart mais qui, parce qu’Howell veille à respecter un équilibre démographique dans sa communauté, s’installent dans des bidonvilles, à l’ouest de Kingston, dans le quartier de Back O’Wall (rasé en juillet 1966), quartier à partir duquel le mouvement va se développer à travers tout le pays. Considéré comme l’autre prophète du mouvement, il est le premier à prôner haut et fort la divinité de l’empereur et pour ses propos, il est à plusieurs reprises arrêté et envoyé en hôpital psychiatrique. Sa communauté est dissoute en 1954, à la suite d’un raid policier.

Le mouvement va prendre véritablement de l’ampleur à la suite de la visite d’Hailé Sélassié en Jamaïque, en avril 1966. Cette visite est comme une révélation pour tous les rastas du pays, dont Bob Marley qui cette année-là, adopte le rastafarisme. C’est lui qui donnera au mouvement ses lettres de noblesse et qui le fera connaître dans le monde entier, grâce à sa musique, le reggae. En novembre 1980, il est baptisé, par l’archevêque de l’hémisphère ouest de l’Eglise Orthodoxe Ethiopienne, Adouna Yesuhaq, « Berhane Selassié », c’est-à-dire « Lumière de la Trinité » (Trinité pour Jah, Hailé Sélassié et son prophète Marcus Garvey), car c’est lui qui a donné de la lumière au mouvement.

Le rastafarisme. Il n’existe aucun écrit regroupant les principes et fondements du rastafarisme. S’ils s’inspirent majoritairement de la Bible, des Dix commandements et des sept sacrements. Ils s’inspirent également d’autres ouvrages éthiopiens tels que le Kebra Negast (Gloire des Rois), qui retrace la dynastie issue de l’union du roi Salomon et de la reine de Saba dont l’empereur serait le 225ème descendant, ou encore le Holy Piby, la Bible de l’homme noir, ouvrages qui n’ont pas été écrits par les colons. Mais bien qu’il n’y ait aucun écrit de référence, les croyances et les pratiques sont sensiblement les mêmes, d’une confédération à l’autre.

Tout d’abord, le port des dreadlocks. Les rastafariens s’appuient sur un passage de l’Ancien Testament qui dit : « aussi longtemps qu’il sera consacré par son vœu, le rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu’à ce soit écoulé le temps par lequel il s’est voué à Dieu, il sera consacré et laissera croître librement sa chevelure » (Nombres VI :5) pour expliquer le port des dreadlocks. Cependant, si on associe systématiquement les locks aux rastas, il faut savoir qu’elles ne sont pas « nées » avec le mouvement puisqu’au départ, les rastas se caractérisaient par leurs barbes. D’ailleurs, quand on regarde Marcus Garvey ou Haïlé Sélassié, on remarque qu’ils ne portaient pas de locks. Dès lors nous verrons un peu plus loin que le port de locks peut-être facultatif, selon la confédération d’où l’on vient.

L’autre croyance forte qui se dégage du mouvement est celle de la nécessité de retourner en Afrique, là où tout à commencer et plus précisément en Ethiopie, berceau de l’humanité (Repatriation). En effet, parce que toutes les religions et toutes les grandes civilisations y ont trouvé leur place, l’Ethiopie est la « terre promise ». L’empereur, y donnera d’ailleurs aux rastas, une terre, Shashamane, à 200km au sud d’Addis Abeba, en 1948.

Les rastas accordent également une grande importance au respect de la nature (Zion), des hommes et à l’intégrité morale et physique. Ils vivent dans la simplicité, ils se nourrissent de tout ce que la nature peut leur procurer, ne boivent pas d’alcool, ne mangent pas de viande pour la plupart (conseillé par la Bible), et vont même jusqu’à ne pas manger de sel ou même de lait (Ital). Ils ne jouent pas non plus à des jeux d’argent. Le respect des interdits alimentaires et de la morale est repris dans le concept de « livity ». Quant à la place de la femme, cette dernière est élevée au rang de « queen », « princess » ou encore « empress ». Contrairement à ce qu’on croit la femme n’est pas « soumise », mais « dévouée » à son foyer. La vision de la femme est très africaine, mais elle occupe un rôle important car c’est elle qui va « éduquer les enfants, leur transmettre l’enseignement », dixit Tiwony. Enfin, la prière et la lecture de la Bible, sont incontournables dans la vie d’un rastari.

Quant à la ganja, son utilisation trouve son origine dans la Bible également : « Dieu dit : je vous donne toutes les herbes portant semence qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture » (Genèse I :29). Introduite par les indiens en Jamaïque, la ganja est considérée comme « sacrée » par les rastas. Ces derniers l’appellent d’ailleurs « Sainte herbe », et la prennent pour s’élever, se rapprocher de Jah et se soustraire au lavage mental imposé par Babylone, qui, contrairement à ce que l’on a l’habitude de croire, ne veut pas dire « blanc », mais fait référence à tout le système de valeurs occidental et à la domination qu’il impose aux minorités, la discrimination, le travail (qui est vu comme une forme d’esclavage moderne), le flicage, etc…

Enfin, les rastas ont développé un « patois rasta », que l’on retrouve dans le concept « I & I » (Je & Je), pierre angulaire de la philosophie rasta et qui prône l’unité de la communauté, qui est primordiale pour les rastas. En effet, en disant « Inuty » au lieu de « Unity » ou « Iration » pour « Vibration » ou encore « Ifrica » pour « Africa », par exemple, les rastas affirment ainsi leur rattachement à la communauté, à l’Afrique et à Dieu.

Les confédérations…. Il existe plusieurs confédérations au sein du mouvement rasta, la plus ancienne est celle créée par Léonard Howell, l’Ethiopian Salvation Society. Vient ensuite, l’Ethiopian World Federation, crée en 1937 par le gouvernement éthiopien à New York, cette organisation avait pour but de récolter des fonds pour l’Ethiopie. Elle est devenue par la suite l’Eglise Orthodoxe Ethiopienne, qui s’est implantée en JamaÏque à la fin des années 1970. Les membres de cette église se distingue par le fait qu’ils voient en Hailé Sélassié l’image du Christ et non le Christ personnifié. En 1989, on dénombrait 15000 membres en Jamaïque.

Plus tard est créé l’Ordre des Nyabinghis, un mouvement sans leader qui revendique l’héritage nyabinghi. Les « guerriers nyabinghi » étaient des guerriers chargés de délivrer le peuple noir de l’oppression des blancs, le mot nyabinghi voulant dire « mort aux oppresseurs blancs et à leurs alliés noirs ». Pour eux, Hailé Sélassié est le dieu tout puissant. Leur existence est rélévée dans un article paru dans le Jamaïca Times le 7 décembre 1935, article écrit par un journaliste Federico Philos dans le but prévenir les blancs de l’attaque éventuelle d’une armée de 20 millions d’hommes menée par Hailé Sélassié pour les détruire. Mais les nyabinghis sont à la base une société secrète féminine basée au Congo et au Rwanda, pour lutter contre la colonisation. Les nyamens représentent l’une des communautés rastas les plus importantes et l’une des plus virulentes au niveau de ses revendications, tout comme les Bobos Dreads.

Ces derniers, qui se réunissent en 1953 et qui sont moins importants que les Nyabinghis, se caractérisent par leur fondamentalisme et leur séparatisme. Leur leader spirituel Edward Prince Emmanuel, auto-proclamé King Emmanuel, fils du Dieu Jah Rastafari, dont le prophète est Marcus Garvey, est appelé par les adeptes de sa doctrine « The black Christ in flesh » (le Christ noir incarné). Les Bobos Dreads prônent la suprématie du peuple noir sur les blancs et refusent de se mélanger aux autres rastas.

En 1968, le docteur Vernon Carrington aka « Prophet Gad » (ci-contre) crée Les Douze Tribus d’Israël (The Twelve Tribes of Israël). C’est la congrégation qui compte le plus d’adeptes dans le monde. Elle se distingue par la souplesse de sa doctrine qui permet à tout le monde d’y adhérer (blancs, noirs, riches ou pauvres), qui prône l’égalité des sexes, qui met au statut de facultatif le port des dreadlocks, l’utilisation de la ganja ou encore le régime alimentaire Ital, seule compte la foi. Le christianisme est au cœur de la doctrine, chaque adepte doit lire au moins un chapitre de la Bible chaque jour et l’autre obligation est de verser une cotisation pour adhérer à l’organisation.

Mais il y a aussi la communauté I-Gelic House, créée dans les 1950, qui prônait le célibat et l’abstinence ou encore la confrérie Ethiopian Zion Coptic Church, qui se caractérise par son refus de retourner en Afrique.

En Occident : vrais ou faux rastas ? En occident, être rasta comporte des difficultés. Par exemple, porter des locks est très problématique et même si les temps ont évolué, il est toujours compliqué d’arriver à un entretien par exemple, qu’il soit d’embauche, pour un logement ou autre avec des locks, et ce d’autant plus quand on est une personne de couleur, locks étant trop souvent associé à drogue. De plus, comment être proche de la nature dans nos pays industrialisés où l’espace est saturé par les immeubles et les constructions en tout genre ?Enfin, comment parler d’unité dans une société individualiste où les martiniquais et les antillais ne s’entendent pas, où les congolais et les zaïrois ne veulent surtout pas qu’on les associe et où les africains et les antillais se font la guerre ?

Dès lors, je me demande si on peut vraiment parler d’une communauté rasta dans un pays tel que la France, surtout qu’aujourd’hui, si le port des locks est considéré par beaucoup comme un élément significatif de l’appartenance au mouvement, de plus en plus de personnes l’adopte parce que « c’est joli » et que le « look rasta » est à la mode en ce nouveau millénaire. Alors, je le dis et cela n’engage que moi, s’il y a de « vrais » rastas en Occident, il y en très peu, surtout en France. En fait, ceux que l’on prend souvent pour des rastas, n’ont de rasta que les locks, la musique et la ganja et même là, certains lui préfèrent le shit. Qui n’a jamais rencontré ces pseudos rastas qui sortent des « sistas », des « jah bless » ou encore des « fire babylone » , ou des « pull up » à tout va ?

En effet, pour certains être « in » signifie être décalé, inclassable, c’est-à-dire avoir un style hip-hop, tout en écoutant de la house, mais si possible avoir des locks, arborer un t-shirt, un filet aux couleurs « vert-jaune-rouge », écouter du reggae, danser sur de la dancehall et placer si possible quelques mots jamaïcains, histoire de montrer qu’on est pas comme les autres, un peu comme le dernier album de Rihanna, un peu de Rn’b, de hip-hop, de reggae, de house et de soul.

De plus, si depuis toujours le message des rastas est véhiculé par la musique et plus particulièrement par le reggae et la dancehall, la multiplication du nombre d’artistes dans cette catégorie et la diffusion de plus en plus massive de leurs titres dans les médias, contribuent parfois involontairement à relayer le message au second plan, au profit des gains financiers. Malheureusement, de nos jours tout est une question d’argent et même un mouvement pacifique est soumis à la loi du marché. Il y a encore dix ans, regarder un clip de d’artiste reggae ou dancehall sur M6 en journée, était impossible, je crois que l’un des premiers qui eu cet honneur fut le fameux « Gimme the light » de Sean Paul, qui a ouvert la voix à de nombreux autres artistes. Que penser aussi, des duos entre de plus en plus fréquents entre artistes rastas et artistes hip-hop par exemple, comme l’album – bien qu’excellent (c’est mon avis) – Def Jamaïca ? Que pensez également des nombreux artistes rastas qui refusent d’aller faire des concerts en Afrique, parce que "ça ne rapporte pas assez d’argent" ?

Pour répondre à ces différentes questions, j’ai rencontré l’artiste reggae-dancehall Tiwony, qui vient tout juste de sortir une version « street » de son album Fly (sorti en mai 2007), sous le nom de « Tiwony Plis Difé In Da Street, par Selecta BLS ». Il a bien voulu nous donner son point de vue sur le mouvement rastafari.

Le mouvement rastafari, entre la mode et le business, quelle place pour la spiritualité ? – Rencontre avec Tiwony

-  Comment te situes-tu par rapport au mouvement rastafari ?

Il faut savoir que le mouvement c’est la renaissance, dans la maison du seigneur il y a plusieurs chambres, il y a entre guillemets des doctrines qui sont issues des hommes mais l’origine du mouvement est Hailé Sélassié, qui a une identité spirituelle avant d’avoir une identité physique car son nom de baptême signifie « Puissance de la Trinité ». L’œuvre qu’il a accomplit, le chemin qu’il a montré, pour moi c’est la base orthodoxe. C’est sur cette voie là que je suis, parce que pour moi c’est la plus vraie dans le sens que Sélassie n’est pas un homme construit, mais un esprit sain qui se manifeste dans tout un chacun. Ce qui veut dire que si on se fait baptisé orthodoxe, on peut recevoir un baptême comme Hailé Sélassié et Berhane Sélassié.


-  Que penses-tu des autres courants ?

Il y a d’autres courants qui se sont montés autour de ça et chacun a pris un peu ce qu’il voulait prendre. Je ne suis pas là pour polémiquer autour de ça, et en ce qui me concerne on est pas dans un sectarisme ou un endoctrinement quelconque. Le mouvement rasta c’est plus une philosophie qu’une religion, et si on doit parler de religion, on ira vers le christianisme.

-  Donc tu dissocies vraiment le mouvement et la religion ?

Oui et après il faut savoir que quand on parle de dreadlocks, de barbe ou de ne pas manger de viande, tout ça ce sont des préceptes qui viennent de la Bible, ça n’a pas été créé par des hommes. Jésus était nazaréen, il avait des cheveux emmêlés, il était barbu…

-  Peut-on parler d’un mouvement rastafari en France ?

C’est un mouvement qui vient des îles. En Angleterre on va trouver beaucoup de jamaïcains et ici ça va être beaucoup de gens de la Martinique, de la Guadeloupe et de l’Afrique aussi, mais il n’y a pas de mouvement opérationnel ou quoique ce soit, c’est un « mouvement en stand by ». Mais il y a plusieurs acteurs qui sont là, comme par exemple sur les puces ou encore des associations. Il y a des frères qui sont déjà rapatriés en Ethiopie, qui sont déjà installés là-bas, donc il y a des choses qui se font. Mais il faut savoir qu’on est arrivé les derniers, on est arrivé après les anglophones, mais ça ne veut pas dire qu’on est « moins rastas ». Le plus important c’est l’unité, c’est ça le fondement du mouvement avec le rapatriement en Afrique, d’abord spirituellement puis physiquement, pour le développement social, le développement du pays, créer une dynamique d’émancipation spirituelle ou au niveau matériel.

-  Que penses-tu de la multiplication des duos entre artistes reggae-dancehall et autres catégories ?

Il ne faut pas mélanger la musique et le rastafarisme. La musique c’est ouvert à tous. On est en démocratie et le reggae n’est pas limité qu’aux rastas. Hailé Sélassié nous a appris la tolérance, c’est-à-dire que toutes les religions peuvent s’asseoir ensemble et œuvrer pour la nation, c’est ça l’ouverture, on est là pour mettre une bonne vibe et on ne va pas la mettre que entre nous, entre gens déjà éveillés et qui connaissent déjà le mouvement. Le Christ il est venu pour la prostituée, pour la veuve, l’orphelin et le meurtrier donc il faut aller vers tous ces gens, leur parler de Jah, sinon le travail ne sert à rien. Il faut rester ouvert. Le reggae c’est one love et la musique n’est pas une question d’apparence physique ou de dreadlocks, et c’est pour çà que Morgan Heritage a chanté « Don’t haffy dread to be rasta », il ne faut pas se limiter à ça. Seuls les œuvres comptent et l’Eternel juge selon les actes. Si tel ou tel chanteur veut faire un duo avec untel, à partir du moment où le message est positif qu’il le fasse, moi j’adhère. Si tu dis des choses pas édifiantes comme par exemple tu vantes ton intimité, ça c’est clair que ça n’a rien à voir avec le mouvement. Seul compte le message et peu importe la personne qui le fait passer.

La spiritualité a donc encore toute sa place malgré le phénomène de mode et tout le business qui se développent autour du mouvement rastafari. L’enseignement que nous a laissé Hailé Sélassié n’est pas perdu et il appartient à chacun de nous de faire la part des choses.

-  Merci, Tiwony

Tiwony commencera bientôt une tournée en France métropolitaine et il sera aux Antilles à partir d 23 décembre et il travaille sur son prochain album solo.

J’espère que cet article vous aura éclairé sur le mouvement rastafari, et qu’il vous aura permis de vous faire une idée plus précise de ce qu’il est réellement. En attendant, je vous encourage vivement à vous procurer les deux derniers albums de Tiwony et si vous le pouvez allez le voir en concert, car il vaut vraiment le détour.

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- La Santeria. Cuba, Éden des Dieux Yoruba

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