« Johnny, chien méchant » raconte les Destins croisés de 2 adolescents. Laokolé, 16 ans, réfugiée dans son propre pays, et Johnny dit « chien méchant », 14 ans, enfant soldat qui joue à la guerre comme à la télé, mais tue adultes et enfants à balles réelles. C’est l’histoire d’une guerre civile dont on ignore qui sont les bons et les méchants, mais dont les victimes ne sont jamais armées. Une tuerie tellement absurde que les milices et l’armée régulière, complice, s’abreuvent d’imageries de guerre en Tchétchénie ou en Afghanistan pour trouver un prétexte aux pillages, viols, bombardements et massacres de la population.
Une tuerie qui a lieu sous les yeux et les murs de l’ONU et des ambassades occidentales, dont les forces spéciales, indifférentes, n’hésitent pas à rouler sur les réfugiés pour voler au secours des caniches oubliés par des expatriées étourdies. Le roman n’oublie pas non plus ces journalistes européens, véritables charognards sous leurs habits humanitaires, qui viennent à la recherche de souffrances sensationnelles, pour étancher le voyeurisme compassionnel et morbide des téléspectateurs occidentaux.
Derrière ce récit on reconnait sans peine la guerre civile qui a ravagé le Congo-Brazzaville entre 1993 et 1994, mais il pourrait tout aussi bien s’agir de celle qui perdure dans l’est de la République démocratique du Congo, celle qui a dévasté l’Angola, le Sierra Léone ou le Libéria. Emmanuel Dongala décrit les mécanismes de propagande qu’utilisent les hommes aux pouvoirs pour créer de toutes pièces ces guerres, pour enrôler des enfants dans leurs milices, manipuler les populations en inventant des conflits ethniques, dans le seul but de se maintenir au pouvoir. Ce roman pourrait s’appeler « comment les hommes politiques africains tuent l’Afrique », pour quelques comptes en Suisse, des réceptions fastueuses, des vêtements de marques et l’honneur de figurer au générique d’une chanson de Koffi Olomide.
Un roman révoltant, qui nous confronte pour la enième fois à la souffrance d’un continent dont on nous abreuve d’images misérabilistes, mais qui est indispensable pour comprendre le pourquoi et le comment de ces guerres absurdes qui ruinent l’Afrique.
Le cinéma saura t’il se montrer à la hauteur du message délivré par l’écrivain ? Réponse le 26 novembre 2008. Nous invitons tous ceux qui iront voir ce film à venir partager leurs impressions et leurs commentaires avec nos lecteurs.
Date de sortie : 26 Novembre 2008
Réalisé par Jean-Stephane Sauvaire
Avec Christopher Minie, Daisy Victoria Vandy, Dagbeh Tweh
Film français, britannique.
Genre : Drame
Durée : 1h 36min.
Distribué par TFM Distribution
Voir la Bande annonce : Johnny Mad Dog