Dans un article intitulé « Indices boursiers et performances des places financières africaines », nous évoquions l’attrait que représentaient les bourses africaines auprès des investisseurs. Alors que la diaspora s’interroge et s’organise pour investir en Afrique, que penser d’un investissement individuel par le biais des marchés financiers ?
Tout d’abord l’investisseur rencontre de nombreux obstacles lorsqu’il s’agit d’investir sur les places du continent. L’information attestant de la bonne gouvernance des entreprises ou leurs résultats annuels est difficile d’accès. Les Bourses africaines ont tendance à se multiplier, ce qui freine la mobilisation efficace de l’épargne et la liquidité des dites Bourses. En effet, plus les Bourses sont nombreuses, plus les investisseurs auront tendance à se répartir sur différents marchés.
Il est alors difficile pour un spéculateur d’entrer et de sortir du marché. Cela peut prendre plusieurs jours, ce qui ne favorise pas l’attractivité de nos places financières. L’absence d’une réglementation harmonisée est également un frein pour l’investisseur. Face à tous ces obstacles, de nombreux produits se sont développés. Parmi eux les ETFs, Exchange Traded Funds , que nous nous proposons de décrypter dans ce dossier.
Structure.L’ETF est un instrument financier qui s’échange sur les marchés de la même manière qu’une action ou une obligation. Un ETF est composé d’actifs financiers tels que des actions, des obligations ou des produits dérivés. Ils offrent donc la possibilité aux investisseurs la possibilité d’investir dans ce qu’on pourrait apeller un panier d’instruments et autres actifs et sont donc très similaires en ce sens, d’un traditionnnel fond mutuel. Ils s’achètent et se vendent donc comme n’importe quelle action.
L’ETF apportera à l’investisseur la possibilité de diversifier facilement son portefeuille. Car comme dit le vieil adage, mieux vaut ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier. Ils apportent de nombreux autres avantages tels que de faibles coûts, la possibilité d’acheter et de vendre ses instruments avec beaucoup de facilité, une exposition aux marchés africains sinon difficilement atteignable, une grande transparence.
Le développement des ETFs en Afrique.Comme on a pu le voir dans l’article intitulé « Indices boursiers et performances des places financières africaines », les marchés financiers africains ont prouvé leur résistance et attiré l’attention d’investisseurs en mal de diversification. La croissance de 22% qu’ils ont connu entre 1995 et 2005 ajoutée au facteur chinois, ont influé sur le développement de nouveaux instruments permettant d’investir en Afrique de manière diversifiée. Et alors que les marchés africains sont en grande partie de tailles relativement modestes, les ETFs permettent de donner une exposition sur plusieurs marchés à la fois. Le nouveau SPDR Middle East and African ETF, par exemple, donne une exposition limitée au Nigeria.
Les indices Ai 100 et Ai 40 investors, développées par l’entreprise Ai, cumulent les 40 et 100, respectivement, plus grandes et plus liquides actions d’Afrique, par ordre de capitalisation boursière et de liquidité mesurée par la moyenne échangée tous les jours en utilisant le dollar. Ces indices peuvent être trouvés sur Bloomberg et Reuters, deux groupes de diffusions d’informations financières reconnus qui ainsi donnent un gage de confiance aux investisseurs.
Une composition qui laisse parfois à désirer.Le concept des ETFs séduit par sa simplicité et flexibilité ainsi que les nombreux avantages qu’il apporte. Mais lorsque l’on regarde de plus près les indices censés représenter l’Afrique subsaharienne, force est de constater que la diversification laisse à désirer.
Prenons par exemple l’ETF SPDR S&P Emerging Middle East & Africa ETF (GAF), développé par l’entreprise State Street Global Advisor. Malgré un nom et un concept marketing très attractif, il ne comprend que 53% de valeurs sud africaines…De la même manière, l’indice SPDR S&P Emerging Middle East and Africa qui prétend pourtant répliquer de prêt les caractéristiques et retour sur investissement de la performance d’un indice composées d’actions du Moyen Orient et d’Afrique, se compose de 56% d’actions sud africaines, 21% d’actions israéliennes et seulement 0.78% d’actions nigériennes.
La prudence reste de mise si l’on s’intéresse à ces nouveaux instruments financiers. Ceux cités ci-dessus apportent une diversification insuffisante, Un ETF largement diversifie reste cependant un instrument intéressant lorsqu’on souhaite investir sur les marches africains de manière indirecte. Mais qui est à l’ origine de ces produits et quels intérêts servent-ils réellement ? Nous nous y intéresserons dans la seconde partie de ce dossier consacre aux appareils financiers africains.
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