Miriam Makeba, qui a toujours chanter pour lutter contre les injustices a livré sa dernière bataille lors d’un concert de soutien à l’écrivain Roberto Saviano, auteur du roman Gomorra, menacé de mort par la Mafia. C’est à la sortie du concert que "Mama Africa" a succombé à une crise cardiaque dans la nuit du 9 au 10 novembre.
Devenue un des symboles de la lutte contre l’apartheid, la chanteuse sud-africaine, née à Johannesburg le 4 mars 1932, n’a eu de cesser de plaider la cause de son pays. Son titre phare "Pata, Pata" a fait le tour de la planète. De son vrai nom Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama, Miriam Makeba avait vu le destin de son pays basculer en 1947 avec l’arrivée au pouvoir des nationalistes afrikaners. A 27 ans, elle quitte l’Afrique du Sud pour les besoins de sa carrière, sans savoir qu’elle va être bannie de son pays pour ses prises de position contre la ségrégation.
Son exil durera trente et un ans et la fera vivre un peu partout dans le monde, de l’Europe aux Etats-Unis. La chanteuse connaît un immense succès, même si son mariage en 1969 avec le leader des Black Panthers Stokely Carmichael – dont elle se séparera en 1973 – n’est pas du goût des autorités américaines et la pousse à émigrer en Guinée, où elle sera naturalisée. Après la mort de sa fille unique en 1985, elle retourne vivre en Europe. En 1990, Nelson Mandela avait réussi à la convaincre de revenir en Afrique du Sud.
Nos hommages à la plus belle voix d’Afrique.
RIP, Miriam Makeba