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Nollywood ou le « Nigerian Hollywood »

Nollywood : Sans complexe, le cinéma made in Nigeria fait recette

vendredi 18 juillet 2008 | par Mbépongo aka Dédy Smith

« My friend hooooo » ! Le ton est donné, bienvenue à Nollywood !

Nollywood, Qu’est-ce que c’est ??? Nollywood c’est la contraction de « Nigerian » et « Hollywood ». C’est le nom de la fleurissante industrie cinématographique Nigériane. Avec plus de 500 longs-métrages par an, un chiffre d’affaires de 200 à 250 millions de $ par an (source Nollywood Fundation) et une industrie qui emploie près de 300 000 personnes, Nollywood est actuellement considérée comme la troisième industrie cinématographique au monde après Hollywood et Bollywood(Inde).

Ce cinéma se caractérise par une importante production de films à petit budget (maximum 15-20 000 $), tournés en un temps record (2-3 semaines), à l’aide de caméras numériques, produits directement au format vidéo ou DVD et vendus directement aux consommateurs pour deux ou trois dollars

Un succès International Distribués par l’ethnie ibo, dont la diaspora très commerçante est présente dans toute l’Afrique, mais aussi en Amérique du Nord et en Europe, ces films connaissent un succès grandissant dans les pays aux communautés noires importantes comme l’Angleterre. Afin de mieux pénétrer le marché, la majorité des tournages sont maintenant réalisés en anglais, et non plus en yoruba ou en ibo.

Une réalité Africaine parfois difficile, mais de belles perspectives Les films sont tournés dans des conditions que les professionnels des autres régions du monde jugeraient impossibles, avec des budgets qui parfois, ne dépassent pas les 15 000 dollars. Un film peut espérer se vendre à environ 50 000 exemplaires ou à plusieurs centaines de milliers, si c’est un succès. La rentabilité de l’investissement attire de plus en plus d’espoirs vers cette industrie, qui est devenue un gros employeur dans certaines régions du pays.

Cette industrie grandissante n’échappe pas au phénomène du piratage dont on peu dire qu’elle-même est née. En effet, toute sa diffusion repose sur une infrastructure créée pour pirater les films américains, indiens et chinois de Hong Kong.

Comment est né le phénomène ? A la fin des années 80, Lagos faisait partie des capitales Africaines qui connaissaient une importante monté de la criminalité. Les cinémas faisaient faillite parce que la population était réticente à sortir en ville la nuit. Cette situation a permis le développement de la location de vidéos, notamment made in Bollywood.

Les Nigérians ont alors saisi l’opportunité de développer leurs propres productions.La frénésie va démarrer en 1992 avec la sortie du premier grand succès populaire « Living in Bondage » réalisé par Chris Obi Rapu.

Pourquoi un tel succès ? For Us By Us ! Si la production a été inspirée par Bollywood, le succès des films de Nollywood vient du fait qu’ils répondent aux attentes des téléspectateurs. Les réalisateurs nigérians, comme Lancelot Imasuen ou Nneka Moses, n’essaient pas d’imiter les scénarios hollywoodiens. Le réalisateur Claude Balogoum nous l’explique ainsi : « Il s’agit d’images africaines pour les Africains. Des satires sociopolitiques, des histoires de jalousie, de sorcellerie, de religion ».

Un film comme Baby Police est un modèle du genre et la star « de poche », Osita Iheme, y est pour beaucoup ! Cependant, certaines actrices n’ont pas hésité à se donner des pseudonymes aussi explicites que Sharon Stone ou Beyonce, et qui sont également les titres de films à grands succès à Nollywood. Les stars de l’industrie sont Rita Dominic, Zack Orji, Cossy Ojiakor, Stephenie Okereke, Richard Mofe Damijo, Jim Iyke, Maureen Solomon, Clem Ohameze, Saint Obi, Ramsey Noah, Stella Damasus.

Une industrie Africaine sans complexes Forts de leur succès, les réalisateurs tournent aussi au Bénin, au Ghana et en Grande-Bretagne. Une chaîne de télévision sud-africaine s’est récemment spécialisée dans la diffusion de films nigérians et les productions sont également diffusées aux USA et en UK via le cable. De véritables stars ont émergé, au premier rang desquelles Genevieve Nnaji, qui touche des cachets de 17 000 euros par film. Cette industrie est un tel phénomène qu’un film lui est consacré (www.thisisnollywood.com)

Malgré le piratage et des conditions de tournage parfois difficiles, Nollywood prend de l’ampleur et devient de plus en plus respecté. Un succès à l’Africaine qui n’a pas attendu « qui que ce soit » pour exister.

La création d’institutions de haut rang comme « The Nollywood Foundation », dont la mission est de promouvoir dans le monde entier l’industrie et la culture Nigériane en général, démontre la solidité des fondations de cette production Made in Africa… permettez moi de le répéter à voix haute « MADE IN AFRICA » !!!

Votre humble serviteur, Mbépongo aka Dédy Smith

Quelque films :

- This Is Nollywood, un film de Franco Sacchi et Robert Caputo
- Million dollar sister
- Baby Police
- Blood for tears

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- Baraka – Le rêve Africain

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