Afrodescendants : 39,5 % de Noirs, 18 % de Mulâtres
Capitale : Port of Spain
Population : 1,3 millions d’habitants (2004)
Autres groupes : 38 % d’Indiens (originaire du Nord de l’Inde)
Langue majoritaire : Créole
Système politique : République
Superficie : 5 128 Km²
Monnaie : Dollar de Trinité-et-Tobago (TTD)
La république de Trinité-et-Tobago ou Republic of Trinidad and Tobago, est un État des Caraïbe situé au nord du Venezuela dans les Grandes Antilles. Le pays est séparé de la côte vénézuélienne par le golfe de Paria. De toutes les îles des Caraïbe, Trinité-et-Tobago est donc le pays le plus méridional. Sa superficie est de 5128 km² et comprend deux îles : Trinité (4827 km²) et Tobago (303 km²). La capitale du pays est Port of Spain, mais le chef-lieu de l’île de Tobago est Scarborough.
Trinité-et-Tobago est divisé au point de vue administratif en neuf comtés : Diego Martin, San Juan, Arima-Tunapuna-Piarco, Chaguanas, Couva-Tabaquite-Talparo, Sangre Grande, Siparia, Peñal Débé et Princes Town.Trinité-et-Tobago est membre du Commonwealth depuis son accession à l’indépendance en 1960. Le système politique est grandement inspiré du parlementarisme britannique.
Ce petit État de 1,3 million d’habitants est composé de Noirs ou Afro-Trinidadiens (56 %), d’Indiens ou Indo-Trinidadiens (38 %), de Mulâtres (18 %), d’Asiatiques (Chinois, Japonais, Philippins, Coréens, Vietnamiens, etc.), d’Arabes (Libanais), de Sud-Américains (appelés Hispaniques ou Latinos), d’Européens et quelques très rares descendants des Amérindiens Caraïbe. Environ 96 % de la population du pays est concentrée dans l’île de Trinité (1,2 milion). il reste 4 % pour l’île de Tobago (env. 53 500 habitants). Les habitants de Trinité sont des Trinidadiens et ceux de Tobago des Tobagodiens, mais certains utilisent aussi le terme de Trinbagoniens pour désigner l’ensemble des insulaires des deux îles.
Les confessions religieuses sont nombreuses. Elles se répartissent comme suit : 29,4 % de catholiques, 23,8 % d’hindous, 10,9 % d’anglicans, 5,8 % de musulmans, 3,4 % de presbytériens , 26,7 % pour les autres confessions. Bien que, de façon générale, les relations sont plutôt harmonieuses entre les différents groupes ethniques, les rapports semblent relativement tendus entre les Afro-Trinidadiens (56 %: Noirs africains et américains) et les Indo-Trinidadiens (38 %: d’origine indo-pakistanaise).
Non seulement l’anglais est la langue officielle de Trinité-et-Tobago, mais c’est aussi devenu la langue maternelle de 56,2 % des Afro-Trinidadiens. E n fait, les Trinidadiens et les Tobagoniens parlent ce qu’on appelle le Trinidad Vernacular English, c’est-à-dire l’anglais véhiculaire trinidadien (ou simplement anglais trinidadien). On parle aussi de « Black English », l’« anglais des Noirs », appelé aussi « the broken English » (anglais « cassé », « déformé »). À Trinité-et-Tobago, trois créoles sont utilisés : le créole tobagonien, le créole trinidadien et le « patois » trinidadien (ou « French patois »). Le créole tobagodien est parlé dans l’île de Tobago par la majorité de la population, soit environ 65 % (36 000 locuteurs), ce qui représente seulement 2,7 % de l’ensemble du pays.
Lors de son troisième voyage, Christophe Colomb débarqua à Trinité le 31 juillet 1498. Tobago fut découverte en même temps. L’Espagne prit possession de l’île de Trinidad et, en 1532, y nomma un gouverneur. Par la suite, les populations autochtones furent décimées par les maladies, les travaux forcés ou furent exilées, puis des esclaves noirs les remplacèrent. Les Amérindiens survivants furent graduellement assimilés. Pendant la période espagnole, l’économie de Trinidad compta un grand nombre de plantations de canne à sucre et de cultures cacaotières. Durant la Révolution française, nombreuses sont les familles françaises qui, fuyant Haïti et d’autres îles des Antilles, vinrent s’installer sur l’île de la Trinité. En 1791, plus de 90 % des 15 000 résidants de Tobago étaient des Africains exploités comme esclaves. En 1797, l’île de la Trinité fut conquise par les Britanniques. Les Britanniques y amenèrent de nouveaux esclaves qui développèrent un autre créole à base lexicale anglaise (le créole trinidadien et le créole tobagodien). L’abolition de l’esclavage fut proclamée en 1838.
Trinité-et-Tobago fit partie de l’éphémère fédération des Indes-Occidentales entre le 22 avril 1958 et le 31 mai 1962. Le 31 août 1962, le pays devint un État indépendant, membre du Commonwealth. Il rejoignit l’Organisation des États américains en 1967 et, en 1968, avec d’autres pays anglophones des Caraïbe, forma le CARIFTA (Caribbean Free Trade Area) qui, en 1973, fut remplacé par le CARICOM (Caribbean Common Market ou Marché commun caraïbéen). Le Parti national du peuple (PNM : People’s National Movement), au pouvoir depuis l’indépendance du pays, en 1962, resta très soutenu, jusqu’en 1986, par la communauté noire et les milieux d’affaires.
À Trinité-et-Tobago, le partage des pouvoirs est resté structuré selon des critères raciaux, les Noirs investissant plutôt les activités politiques et culturelles, tandis que les Indiens, voués à l’exploitation agricole, développent plutôt l’économie trinidadienne. Malgré les discours officiels, on constate que l’histoire récente du pays reste profondément marquée par la recherche d’une identité sociale qui est aussi un enjeu de lutte entre les différents groupes composant la population. La compétition économique entre Afro-Trinidadiens et Indo-Trinidadiens est devenue à la longue une rivalité raciale.
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